Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

lllSTOIRE SOCTALISTE au risque d'encourir le, pins lourdes répression,, au développement d'une de,tinée générale conduite par un tyran, la critique courageuse et franche de, esprits pour qui la défense de la pensée contre la fo1·ceest la plus haute loi morale . .\.vant de pa,ser rapidement en revue les artistes qui contribuèrent à illu,trer la peinture, la sculpture et l'architecture impériale, il con\'ient de citer encore quelques nom, d'écrivains médiocre,. dont l'histoire, par un ;ouci contestable a rnulu consener la mémoire. L'abbé Delille, que ses traduction, a,,e, plate; des Gi'nrqiqur, arnicnt déjà rendu célèbre, publia plusieurs voèmes dont Li déplorable froideur n'égale que l'in,ipide correction. On remarque encore, a,·ec assez de raison, de courtes pièces de Lebrun qui lémoi~nent d'une certaine ironie et d'un talent souple. mais re:-treint. .'\,'pomucène Lemercier a réuni sur ,on nom quelques-unes ùes attaques le, rnieu, ju,tiflées contre la lillérature froide et abàt.lrdie du premier Empire. On aurait c!onc la plus manrai,e f!r.\ce à le défendre. LPs Templie,·,, tra~édie de ll,1ynouud, firent un e:ran·l hruit en raison <le l'intérêt ql!'y parut prendre l'empereur. lhis le public ne ratifia pas toujours les décisions du despote: il préférait entendre les chansons chau\'ines <le Déranger ou les nudevilles inoffensif, de Désaugiers. L'imitation des anciens sévis.ait a\'ec fureur; on pilla l'antiquité du mieux qu·on put, de Plaute ju,qua llorace. llolièrc ne fut pas épargné. L'épopée enflamma bien à tort des c,pritS d'ordinaire pondéré,, et qui s'abandonnèrent à l'excès ùe leur grandiloquence au long d'interminables poèmes tombés depuis dans le plus complet oubli. Joseph Chénier maniait aver plus d'ai•ance la satire. li ne manque pas de yene dan;; ses saillies et ses épig:rammes contre les critique, cootempo1"<1insm: ais c'est à ju,te litre que ses tra((t'dh•s sont toruV•es dans l'ouhL. li fil un Cyrui dont l'échec eut que'lque retentissement. et d'autre, piècP., ,1u,- quelles on ne voulut pas consentir les honneur, de la rampe. Il vaudrait peut-être mieu, se borner ù faire l'éloge des 1ertus civiques de Duci, : cela dispenserait d'analyser ses mérites littéraires, qui sont assurément de bien mince rnleur. Lorsque cet écrivain manifeste de la passion ou des qualités dramatiques, on 1,Put affirmer qu'il les prend à des sources, excellentes certes, mais auxquelles il est personnellement tout ù Cuitétranger. On n'en doit pas moins un souvenir ému au poète pau1re qui, lorsque :-apoléon résolut de le faire ~énateur, rPfusa en disant : • Je suis catholique, poète, républicain et solitaire; tout cela ne s'arrange ni a\'ec les homme,, ni a,ec les places ». Picard fit, en 1so::; et 1815, quelques pièces qui ne sont pas sans intèrùt, ~n raison du talent d'obsenation et de l'ironie spirituelle que sut manifester leur aulelll'.

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