HISTOIRE SOCIALISTE ',87 rer:,onnage que Chateaubriand sut composer par sa vie. D'ailleur,, nul nïgoore les enfantillages, les puérilités orgueilleuses, les prétentions démesurées et celte extraordinaire suffisance qui forment le fond de sun caractère et lui valurent une impopularité justifiée. li serait oiseux d'en donner à nouveau des preuves; une page de ses brochures, une page de ses ,llhnoires d"Outre-Tombe sufirait à dévoiler celle pompe dont il semble n·arnir jamais reconnù la sottise et le ridicule. Plus qu'aucun autre, il parait désirer l'indé~endance, mais c'est moins pour en jouir que pour laisser il l'admiration des hommes le soul"enir de celte altitude de fierté, de force et de solitude. Ce désir perpétuel de -auw~arder sa personnalité contre les aUeintes d'un pouvoir ou d"une idée quïl n··1ccueille point, trouble profondément !-'acarrière polilique; il arnit ans,i peu que possible la souples•cl requise po~r se maintenir dan, les po-Le, ,. , , où la chance l'avait placé; son avis n'était-il poinl acrepté. ,;o~ senti ,w1t , ,,•ère ne .,arvmait-il pas ü prédominer : il -e relirait au-silôt. demi,-ionn<1ll, ne ,entant point de restrictions ou d"atermoiements, con!-'itlénnt qu,, c·t'la t lui faire injure que discuter ses conseils, car il se crut toujours • !"homme de la situation ». Les milieux où il passa, le; sociétés qu'il connut développèrt'nl un peu chez lui l'ironie; il a laissé de quelques poliliciens d'amu-ant,; portraits qui sont un délassement pour cet esprit toujours plongé, semblait-il, dans les plus ~ra\es problèmes et les plus lourdes responsabilités. Il faut noter une fois de plus, arnnt un lrè, rapide e~posé de •e, œuvrcs, la préùominance du sentimentalisme chez Chat0 aubria'ld. L"é\.,o; wr la Rfr,,illtion peut nous faire ai5émenl con,tater de quelle mani,'r,' sup0 rficielle il ,était a,similé les idées des encyclopédistes. li nous faut m .intP:i:int t~,er lïùéologie de Chateaubriand d'enfantilla:;e. Le manque de lo~i~ut•, l"mcon- .::;blance de se,; proposilioos, les affirmations, a priori, tl'un cœur m•ne par ,e, intuitions, l'éducation déplorable qu'il reçut, semhlf'nl lui ii:lfrdire à jamais le domaine des œuvres nourries par la 1>enséeph"l,1--o~hiq,1e. li ùemeurP incompar.1ble dans les seuls livres dont la matière et l"e,prit autorisent le 1-yrismi, le piltore:;que ou l'émotion grandiose, dont l~, moin ire, aspects de la nature le pénélraie1ll. ' Si l'on ne devait à la mtmoire de Chateaubriand le re,peet qui s·attache au souvenir des ~rand~ hommes, il serait plus décenl de 1 a,,e~ sous silence le Génie du Cltristia11ismr. La langue, malgré sa richesse el sa po:upe, malgré !"(,motion religieuse qu'elle parall cder font supp'.éer JU manque d'idées et à l'étonnante légèreté de5 affirmations philosophique,. Le chri,- tiani~me, sïi o·a,ait, pour ,auvegarder son existeuce et sa durée, que rapo- ~ie réafüée p11 Ch-iteaubriaod serait a,suré de perdre bienlôl tout crédit .auprès de ceux qui se lais;ent prendre encore au myslérieui et au ,uroalluel. Le& preu,·es de l'exi,lence de Dieu, très nombreuses au eou~s de cette
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