488 IIISTOlllE SOCL\LISTE œuH<', ,ont d'une naîvelé que ne sauraient autoriser les plus grands accès de lyri,mc ou de foi. Les Lhèologicns, même à court d'argument.s, n'eurent jamais !"idée d'y puiser quelques textes pour des démonstrations nouvelles. C1•11•11<IHnl Chateaubriand fil illusion, par ce livre, sur ses conlemporciins et la r<·li~i,11p1arut un instant reprendre une vhrneur noU1elle, donl le caractèrr était néanmoins fort éphémère. Les encyclopédistes avaient déjà, par leur- CCUI re,, jeté dans les esprits les germes d'une conscience nouvelle. Le oésir des réalités scientifiques, des certitudes concrètes, des hypothèses ren• dues nai,emblahles par la connaissance rationnelle du monde, remplaça le mysticisme d'antan. Seuls, quelques esprits hautains, demeurés en dehors de l'évolution cl des idées modernes, s'attardaient dans une manière d'idéa· lisme confus cl de vague religiosité fundée sur des émotions et des extases contemplative$. Ce fut pour ceux-là que Ch1teaubriand écrivit son œuvre. Ce fut avec eux qu'il s'illusionna lui•môme sur la prétendue validité de ses arguments théologiques, auxquels nous n'accordon, aujour,l'hui ni force ni valeur. A la louange de Chateaubriand, et pour conclure brir'vem•nt •ur le Genil' du Cl1ristia11isme, il Caut dire toute la sincérité et toute l'importance au,si de son senlimcnt. Si de telles œuues sont à juste titre dép!orables lors• qu'on les considère d'un l oint de vue rigoureu;rment philosophique, elles recèlent une émotion qui est bien souvent le meilleur élément de l'art el, dans les parties confuses de celle rn,te conception chrétienne, on peul dési• gner maints endroits où se manifestent une grandeur et une beauté singulières, dont on ne se lais,e pas d'êl~e encore ému aujourd'hui. On voudrait pouroir, en li•anl les Natchez et les Martyrs, retrouver un peu de cette vie poignante, de celle émotion qui ne va guère sans p,ychologie, de celle vérité qui a•sure l'immortalité à une œuvre d'art. )lai,, là encore, il faut en rabattre cl connaitre à nouveau la magniOcence désolée, le verba-. lisme et la pompeuse phraséologie du Génie du Christianisme. Seules, les descriptions, lorsqu'elles rnnt empreintes du pessimisme allier de leur auteur, gardent une ampleur singulière. La v!sion pittoresque, le sentiment mystérieux des forces inexplicables de la nature, l'émotion devant les paysages tranquilles ou tourmentés sont a-surément les mdlleurs dans Chateaubriand, mais ils ne donnent point à se:; œuues l'unité, la force psychologique, la ,érilé, le naturel pathétique qu'il eût élé d'ailleurs téméraire d'espérer de lui. On se plall à parcourir en,·ore le Gé11iedu C!iri.~tianisme, Alata, RP11é el l'ltiniraire, parce qu'il> renoincllent des aspects fugaces de la nature, exprimés par un tempérament sen,ihle, à1->recl forcené. Q:wique em; rcintcs de vérités justifiées par une 1 ision précise et complète, ces peintures sont bien l'expression de sa personnalité, tour à tour sereine, fougueuse et mélancolique. Elles font songer au romantisme qui s'exhale des œuvres de Delacroix. c·e~l là Juslemenl, dans
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