Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HlS1'O11ll, SOCIALISTE i79 arrête, une comwb,ion mililairc vous ju1;e ; on vous casse la tète Hon vou, oublie!• .\lais, si l'indépendance sous !"Empire ne rapporlail qui' Ir, prr,érutions el l'exil, le servilisme élait, par contre, fort bien rcmunéré el Bernardin dl' Saint-Pierre fut le type du courtisan quémandeur. L'élude de <on œuHe lilléraire ne rentre point dans la périorle que nous (•ludions: elle apparlienl presque entière à la fin de l'ancien n·~ime et à la llél'Olulion: Paul et l'iryinie, qui fut une de, prernières apparition- c11 France du roman exotique el faisait partie des El11drs de la 11a1u,·1•, enl -011 grand succès en 1788. On est un peu surpris, d'ailleur:;, d'y Lrournr, à cr\lc de, pa!(es idylliqul', que chacun connait, d'inallendues déclamations sur la vénalilé des charges el la misère des gens de lellres. La mbère des gens de lcllres ·1Appartenait-il à Bernardin de Saint-Pierre d'en parler, lui qui, pendant Loule son cdslence, reçut d1•s1ien,ion, el des suiJH•nlicns de tous les puissant, qu'il courtba succe,shement. Pendant toute ~a jeunesse, il fut un solliciteur inlas,ahle, èlenilanl ses intrigues ju qu'en Russie et en Allemagne, à )fo,cou comme a llrrlin. Protégé du marquis de Breteuil, il fiait par o!Jlenir le poste rie capllain•• inc:énienr ,lu roi à l'ile de France, d'où il re1int après avoir lllanqué un rich~ mariaf\e opiniùtrément pourwi1i. En 1773, il obtint par l'entremise de l'archev~que d'Aix, Bùi-gelin, une première pension royale de mille livres. En l,i7, il obtint succe,sivemPnt une pen,ion de 600 livre•, sur le .Jlerrurr. une dP l-oOOlhre,; sur le duc d'Orléans, une de 1000 livres sur le contrôle l(énéral. En 1;02, il est nommé intendant du J 1rdin des Plantes et r1•roil uno in<lemnité de 3000 liues quand celle place est supprimée. Entre temps, il é1ou,e la fille de son éflileur Didot, qui lui appo, la une dot, fort rondelette pour le temps, de 2, 0,)() francs. L'Empire lui octroie plus larù une pe11,io11de :? 000 francs et la croix el le loge à l'Institut. Sur ses économie:;, il fait en outre l'acquisition de la propriété d'Eragny. C'était déciclément fort r,1munérateur d'être toujours, en celte époque tronlilée, du côté du pouvoir, et ceu,-Ià ne connais,aieoL point la misère des hommes de lellres, qui ~avaient si bien courlJ •r l'échin,• et pr,inoncer, sans honte, des discourR comme celui que nous citons plus haut. Nous en avons maintenant suntsammeut dit pour expliquer la mcdiomü du mouvement liUéraire sous l'Empire. Est-il besoin d'insister, d'ailleurs, pour prouver que l'indépendance et la liberté sont indispensables à l'6cloalon du génie ou même du laie nt? Kt s'il était besoin de le démontrer, ae aallrall-ll pu de constater que les seules grandes gloires littéraires de

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