Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOCIALISTE • Les communaux, qui étaient très nomhreux en Lorraine, parce que les seigneurs auraient eu le droit d'en prendre le lier; si les habilant:; eu,sent consenti à la division, ont été presque tous partagés individuellement et mis en cullure; et les biens dont les seigneurs s'étaient emparé-, à litre de blancs, dans les temps malheureux, ayant été restitués au, communes, ont accru considérablement la masse des objets à partager. • Quand tous ces moyens ont été épuisés 1,ar les habitants des campagnes, il s'est établi un nouveau genre de spéculation qui a encore singulièrement contribué à la division ries propriétés : c'est la vente au détail de heaucoup de fermes matrimoniales; ln plu;Jart ùes propriétaires, appauvris par les suites de la Révolution, ont été forcés ùe tourner leurs vues vers drs branches d'industrie qui pus,cnt leur procurer un meilleur re,enu que ces fermes; des compagnies en ont acheté une très grande quantité et ont fait un bénéfice prodigieux par des reventes en menu délai!. Ce gain est encore rarement au-dessous de <10 à 50 '/., quoique le prix en gros Ces biens rnsceplibles d"être détaillés soit it peu près doublé depuis quelques années. « Ainsi, non seulement le nombre des propriétaires s'est beaucoup multiplié, mais encore la plupart de ceu, qui n'avaient qu'un misérable bout de champ ou de vigne ont aujourd'hui assell de propriété; pour faire subsister leur famille pendant toute la durée de l'année, et, s'ils travaillenl pour les fermiers, c'rst seulement parce qu'ils onL be,oin d'eux pour cultiver leurs terres qu'ils augmentent continuellement. " M. Colcbon, préfet de la Moselle, exprime, lui, son étônnement d'une si grande multiplication des propriétaires. (Imprimerie nationale an XI) : « J'ai donné tous mes soins à cc que le nombre des propriétaires fût déterminé avec exactitude. Il résulte de recememenls f1ils qu'ils se sont accrus de 13 4~:3. • Cette au,,menlation.m'a frJppé, el j'ai crninl d'abord d'avoir excédé la ~érilé pour avoir voulu l'atteindre avec trop de précision; mais j'ai pensé quïl pourrait bien n'y avoir pas d'exagération, en considérant l'immense quantité de domaines nationaux mis dans le commerce el vendus eu détail par la République et 1-ar les acquéreurs, exemple suivi par beaucoup d'anciens propriétaires. • Pour prévenir, d'ailleurs, ou pour écarter les doutes, j'ai cru d,•,·oir comparer les articles dïrupOt foncier de 1780 avec ceux de l'an V et de l'an IX: En 1i89 • En l'an V. En l'an IX 9:,.186 130.318 14.2.038 • L'accroissement des articles a donc été, jusqu'en l'an V, de 33132 et de 11 720 depuis celle époque jusqu'en l'an IX. Or, leur mulliplicalion pouvant avec raison être censée n'avoir d'autres causes que le morcellèment succes~if

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==