450 HISTOIRE SOCIALISTE " Le nombre des individus vi1a11t uniquement d'un revenu en argent est bien plus petit aujourd'hui quïl n'était en 1789: alors, il existait beaucoup de petits propriétaires sans famille, qui, afin de doubler leurs revenus, vendaient leurs propriétés pour en plactr la valeur à fonds perdus; aujourd'hui, la crainte dont j'ai parlé plus haut éloigne loule spéculation de celle espèce. » :Il. Marquis, pré'et de la Meurthe, dans son mémoire slalislique du département, imprimé en l'an XIII, explique d'une façon fort curieuse l'évolution de la propriété dans sa région : • Le clergé y possédait beaucoup plus de biens que la noblesse, el les · domaines fonciers des anciens ducs de Lorraine formèrent encore un article considérable; le surplus des biens élail, pour la plus grande partie, entre les mains des familles de robe ou de quelques rentiers oisifs; le peuple des campngnes n'avait généralement que de minces portions de terrain, qui méritaient à peine le nom de propriété : tout y élail ou simple fumier ou manounier. • Cependant, ce pays n'était pas, à beaucoup près, aussi fortement chargé de droits féodaux ni de contributions que la plupart des pro~inces de France; mais les lois prohibitives de l'exporlaliou tenant toujours le prix des grains à un taux trop bas, le fermier gagnail loul au plus de quoi élever sa famille, et le salaire du manouvrier ne lui fournissait que le plus étroit nécessaire; aussi ne voyait-on que rarement s'élever des fortunes médiocres, el seulement parmi les baillistes des grandes propriétés des moines ou de quelques terres seigneuriales: encore leurs fils s'empressaient-ils de quiller la campagne, el employaient-ils les économies de leurs pères à se procurer un étal moins pénible dans les villes. • li fallait une ré, olution aussi élonnanle que la nôtre pour tirer les habitants des campagnes de celle misérable situation; mais il est peu de départements où elle ait occasionné un aussi grand bouleversement dans les propriétés. « D'a1rès les relevés exacts que j'ai !ail faire des ventes des domaines nationaux, il résulte qu'il en a été-vendu pour 50 million$, valeur réduite en numéraire: ce qui forme au moins les trois i!i\ièmes ùe la ,aleur de la totalité des propriétés foncières. 'fous ces biens ayant été divisés dans le plus grand détail, il n'est guère de !'ormiers el même de manouvrier; qui n'aienl pu c1► acheter; et les facilités que les lois accordaient de payer avec des valeur, très dépréciées leur ont procuré les moyens de se libérer avec les seules économies qu'ils ont faites sur les premières récoltes. « D'un autre côté, la plupart des bauï élanl stipulés autrefois en n11Œ1éraire, les fermiers ont Cail un bénéfice énorme pendant loul le cours des assignais, au détriment des propriétaires sur qui tout le poids des réquisi• lions est encore tombé.
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