452 HISTOlllE SOCIALISTE des propriété~, qui lui-même est ut• indice ce, Iain de leur division entre un plus grand nombre d'individus, il est permis d'en conclure que les propriétaires ont dû s'accroitre dans une proportion à pe11 près semblable: car, enfin, celui qui acquiert pour réunir à ses autres biens n'augmente pas le nomhre des articles; il ne fait qu'augmenter sa colisalion. C'est le pro;,riétaire nouveau qui nécessite un nouvel article. » .\l. Cokhon n'est pas sans regretter un peu une telle ditrusion de la propriété : « L~ passion d'acquérir, dit-il, en altachant trop l'homme à ses foyers el à la terre, a été un obstacle au progrès de l'industrie. Les droits de par• cours el de vaine pàture, les communaux en sont d'autres, parce qu'ils fournissent aux prolétaires les nro1ens d'élever el d'entretenir du h, lai! dont il, obtiennent une partie de leur nourriture et de leurs vêlements, sans que le besoin les contraigne d'y pourvoir par le travail. • El M. le préfet n"envisage pas sans etrroi la per-peclive de ne plus pouvoir trou ver suffü,amment de manœuvres : « Le rnrt des habitants des campagnes s'est amélioré, dit-il plus loin; c'est entre eux que se sont r~partis la plupart des rlomaines écclési ·stiques qui fab:drnl prcs 1ue le tiers de, propriétés de ce département: ils ont peu de besoins, el l'indu~trie y est langui-sanie, pour ne pas dire nulle. Si donc l'on excepte les grandes usine,;, on ne iirut point citer de manufactures belles et Ooris•ante,. Ce n'est pas faute de bras; mais l'aisance, assez généralement répandue dans les villages, les éloigne du travail. On a mème en quelque ~orle à se féliciter que le luxe ait commencé à s'y insinuer, qu'on y fasse u,age de nourriture el de vèlements moins grossiers, ainsi que des liqt,eurs fermentées: sans cet accroi,semcnl de dépenses, on au rail beaucoup de pdne, il serait peul-être impossible de rencontrer dans plusieurs communes un journalier. • En somme, M\l. les préfets n'avaient pas encore reçu l'ordre d'avoil· une opinion sur la question et ce n'est pis dans ces rapports que nous pou1·ons saisir la pensée du maitre. Nous la trouvons infiniment mieux drgagée dans un mémoir.J adr.is,é à la Société centrale d'Agriculture el qui fut couronné en séance publique le 15 juillet 1810. Pareille récompense n'etlt point été accordée si l'auteur n'avait traduit fidèlement la pen,ée napoli'onicnne éta• blissant les avantag,:s de la grande propriété. Il s'agissait sans doute de justiller, par des raisons économi,1 ues, des prérérences qu'on aimait mieux ne pas expliquer sur le terrain politique. L'anleur du mémoire est M. Pichon qui s'exprime ainsi : • L'importante question d'économie polili(Jue des avantag•'S ou des inconvénients des grandes propriétés, qui est encore indécise, ou plutôt contestée par beaucoup d'agronomes, paraitrait presque résolue dans l'étendue de l'arrondissement de Boulogne.
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