Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOCIALISTE à propos du rélablissement de la noblesse, des énormes dotations faite,, de la création des sénatoreries. Celle pensée ,e traduit encore par d'autres manifestations qu'on nous prrmeltra d'indiquer. Jaurès, dans son élu rie si approrondie sur les biens nationaux c•t leur dispersion, a montré c1ue si la dt'•mocralie rurale rut sa parl du domaine ecclésiastique ou du clomaine noble ,•xproprié, la propriélé pourtant ne fut pas si morcelée qu'on pourrait le croire, puisque la bourgeoisie, à elle seule, absorba près des cinq sixièmes du domaine de l'Eglise et une large portion du domaine des noble,. Il en r~s11Ie que Napoléon trouva celle bourgeoisie toute di,posée à former un des écl1t•lo11sde la nouwlle aristocratie; il la favorisa aus,ilôt en consucr,11ll l'influence de la richesse lerriloriale ,!ans les collèges électoraux, les administrations communales el déparlemeutales. ru I,or,ne logique d'ailleurs, e,l-ce que la ditîusion de la propriété pouvait ()Ire fa1orable à la coutinuilé lies expé,lilions mililaires? E,l-ce que le paysau, amoureux de sa terre, ami du calme, ne serait pas devenu l'ennemi déclaré de la polilique belliqueuse? Au-si, on peul constater que le mor~ellement de la propriété s'arrête dès que s'ttf!irme l'influence gouvernementale t!e 8onap,1rle. Cel arrtll ne se prolluil pas bru,qurmcnl d'abord el ne se manifeste JJ• s par des actes ofllciels: môme nous a,·ons ,ou,;; les yeux des rnpports de préfets qui célèurenl, avec une sorle d'e11thousiasme, cette divhion de la propriété. Voici, par exrmple, ce qu'êcril M. Jean Debry, prél'et du Doubs, da, s son mémoire slatblique sur ce déparlemenl. \Imprimerie nalionale an XIIJ : • En l'an IX, il y avait dans le déparlemenl 41518 propriéla·rcs de biensfoutls. chds e fan,ille; on n'c11 complait, en 1789, que 39 493. Celte augmentation llu 1.ombre des propriétaires esl due au 1,arl ,ge des lJiens communau ,, à la vente des biens nationaux et à la suppression des ordre, religieu,. • Le ,,ombre des hommes vivant uniquement des produits de leu,s bi, nslonùs était très borné en 1789; je ne puis en ftxer le nombre, parce que je n'ai pu me procurer des données surftsanles; mais toul porte à croirè qu il étail au moins de moitié moindre que celui de l'an IX; le dernier nomhre étanl de 116, on peul penser que celui de 1780 n'excédait p1s 50. « li était très rarP. alors de trouver des propriétaires de functs assez considérables pour vivre de leurs produits, qui n'eussent pas aus-i qu'elques rentes. Aujourd'hui, les remboursements qui onl été faits en papier pendant la Révolution empêchent les propriélaires de ronds de placer en rente l'excédent de leur revenu; ils aiment mien, conserver leur argent sans produit, en alter,dant qu'il se présente une occasion de faire une acquisition, que t:e 1'e1poser à des chances, rort cloignèes sans doule, mais qu'ils redoutent encore.

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