Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

IIIS'l'OIRE SOCIALISTE 1,27 fort hahilement réparti•!S sur des vositions inexpugnable~. soit qu'elles fussent cantonnées dans des espaces entourés de marais, soit qu'elles fussent adossées à des pentes escarpées. Près de i:,O 000 Français allaient se mesurer avec un nombre surérieur d'alliés. A midi, le 20 mai. Napoléon donne l'ordre à Oudinot d'attirer l'attention de plusieurs corp,s russes, tandis que Macdonalrl el ~farmont allaqnent vigoureusement l'ennemi ,ur tonte la ligne de la Sprée. La journée se ter111ine par un succès pour nos troupes, qui s'emparent d'un certain nombre de positions primitivement occupées par les Prussiens et les Russes. Penrlanl la nuit, sur l'ordre de l'empereur, Ney opère avec ses troupes un mouvement tournant qui doit avoir pour elîel de permettre, dès rauhe, une altaque par surprise contre l'ennemi. Dans J'im,tanl où Ney engage vivement ses trou1ies. Marmont, Oudinot, Alacdonald el Bertrand entrent en ligne; une lutte furieu-e bouleverse de part et d'autre les ordres de combat; plusieurs fois des cohues de Frai,çais ou d'alliés qui s'étaient emparés de certaines positions eu sont à nouveau délogées. Enfin, la fr{•nésie et lïnlassable ardeur de nos troupes l'emportent une fois de plus; les charups jusque-là disputés avec bnt d'âpreté nous re,,lent acquis, el la retraite des Prussiens el des Russes commence. Mais Ill enc, ie, il ne s'agit point d'une d(bauèade confuse, mais d'une marche rétrograde habilement conduite, qui va contraindre nos troupes à d'autres efforts et à de nouvelles poursuites souvent inrructueuses el ferlil~s en surprises. li était e,wiron trois heures ,1e l'après-midi lorsque Je co,nbal pril fin; la journée avait ~tè particulièrement meurtrière, 30 000hommes étaient morts ou blessés, tant alliés que Français, el si Napoléon n'hésitait point à ,,anllr la 1alcur el l'béroî:;me déployés par nos lrou,,es dans c, tle nouvelle victoire, il en1·isageail nellcment les difficultés chaque jour plus graves et les périls que suscitaient ces reculs incessants d'un ennemi qui se dérobait I rudemmenl et se gardaH de prendre une olîemive qu'il savait lui devoir èlre funeste le plus souvent. Ce fut dans l'un des engagements rapides qui suivirent la retraite des alliés, le 22 mai, à Reichenbach, que périrent Kirchener el Duroc. La tlispa• rilion de ce dernier, qui a1ait été l'un des plus fidèles et des plus oonstauts familiers de Napoléon, causa à l'empereur un vi! chagrin. Mais ses afOiclions n'étaient guère de nature à distraire longtemps Napoléon des fins qu'il poursuivait avec une énergie donl la tension perpétuelle, cause de tant de triomphes, allait provoquer tant de calamités nouvelles. Pour l'instant, il fallait poursuivre l'ennemi, rendre la victoire de Bautzen plus significative en ln0igeant aux alliés des défaites successives. Napoléon s'avança Josqu'à !'Oder, fil réoccuper plusieurs places Cortes, reprit la presque tolalilé de la Silésie, el rétablit l'in0uence française. AleAandre et Frédéric8uillaume, en présence des liuccès rapides de l'empereur, modlflèrenl leurs latenUoas prlmili1·es el llrenl conoallre qu'ils se prêteraient volontiers à des

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