Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

428 ll1ST0111E SOCIALISTE néi:ncialions. )lellernich, pendant ce temps, déploiail une prodigieuse arli• vil,', mull iplianl ici les aisuranccs des sympathies de l'Autriche à l'égard de Napoléon ; donnant là c!es gages de l'allachemenl de l'Aulriche à la cause de, peuples coalisés el préparant lrès habilement l'armement des troupes de François II. Ce fut égalemenl par l'entremise c'e )Jellernich, qui voyail dans celle convenlion la possibilité d'organiser plus solidement la coalition générale de l'Europe contre la France, que les négociations proposées par les souverains russe et prussien aboulirenl, le 4 juin !813, à la signature d'un ~rmislice de deux mois, acceplé par Napoléon. Cette convenlion de Pleswitz ;illail singulièrement sen-ir les ,œux de Mellernich; elle constituait, de la part de Napoléon, une erreur funeste, dont les déplorables effets n'allaient point se faire attendre. L'empereur croyait vivement, CPpendant, à l'efficacité de celle suspension d'hostilités donl il cc,mplail profiler pour la réorganisation de ses armements, de sa cavalerie, pour l'incorporalion dans les cadres qu'il avait autour de lui de nouvelles recrues el de conlingenls en retard. Persistant au fond plus que jamais dans ses desseins belliqueux, il souhaitait, dès la fin de l'armislice, étonner l'Europe par le bruit d'une victoire fougueuse, el mater ainsi <!e nouveau les peuples en désordre. Il ne doutait point, en songeant aux débuls, heureux en somme, de celle campagne. qu'un td coup ne rnt possible; soucieux tou lefois cl'en préparer habilemenl l'exécution, il s'es,aya, durant l'armistice, à la ruse, comptanl hien à torl sur la faiblesse el la timidité de ses ennemis. Dans le dessein de faire connaitre au monde el surloul à la coalition que sa confiance dans lïssue des événements l'autorisail à des allures désinvoltes, il Ill "enir de Paris les meilleurs comédiens du ThéàtreFrançais, et parut rrcndre, lors des représentalions où ceux-ci interprèl~- renl les pièces spirituelles ou dramatiques de leur réperloire, un vif plaisir. Napoléon avait installé son quartier-général dans la capilale de la Saxe, à Dresde, d'où il lançait, avec une audace qui ne se démentail poinl, les nou. vclles les plus optimistes sur l'état de ses affaires; à l'enlendre, la situation n'avait rien que de forl rassurant, el la rapidité avec laquelle il pressail l'exécution de~ ordres relalifs à l'Brmée n'étail, à ce qu'il déclarait, qu'une manière d'insister a1ec plus d'assurance pour le rélablis~emenl de la paix. Cela ne l'avait d'ailleurs point empêché d'envoyer à Davoust des inslructions sur l'urgence qu'il y avail à réprimer sans merci la révolte des villes hanséatiques, et plus parliculièr~menl de llambomg. Davoust exécuta les ordres de l'empereur, el sans aucunsouci des exactions el des abus de pouvoir qu'il commettait, rétablit pour un temps la domination française. ;>ïousal'ons dil à l'instant a1ec quel zèle el quelle aclivilé fébrile Napoléon poussail l'organisation de ses troupes el la forliflcalion de cerlaiues places. Depui, la signature de l'armistice, les alliés ne montraient pas moins d'inquiétude el d'empressement à ,·assurer le concours elflcace des

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