Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

JIISTOIRE SOCIALISTE 425 jour d'Allemagne, avait compris qu'il importait d'agir ~ans retard. liug è11e, successivement refoulé, avait lraver,é roder, puis l'Elbe. En outre des évacuations de Berlin el de Hambourg, Davout venait de quiller Dresde o ù la brutalité des vengeances exercées par ses sdins sur les plus beaux monuments de la ville avait exaspéré les habitants. Enfin la nouvelle de la défeclion des souverains de Sa,e, de BJde, de Bavière el de \Vurtemberg venait d'arri ver. En réponse aux notes pressantes par lesquelles Napoléon drmandail ;'t ses alliés le concours de leurs armes, la Confédi>ralion du Rhin, maigre les hésitations et les inquiétudes que faisait naitre l'improbable issue <lela c ampagne engagée, s'était declarée dbsoule; le roi de Sa,e, pour se dérober aux exigences de Napoléon, venait de se rendre précipilammenl à Prague, avec sa cavalerie, se plaçant ain,i sous la protection de l'Autriche. Celle f uite, comme nous le verrons un peu plus loin, n'était qu·un atermoiement inu tile el ne devait guère a,·oir d'efficacité pour le malheureux monarque. Napoléon avait quillé Pari, le 13 avril 1813, au soir; trois jours après, il fut à Mayence, où lui par,int la nouvelle du ressentiment de l'Autriche, qui venait d'ailleurs ùe faire connallre son intention d'exiger, durant tout le passage à travers ses Etals, le désarmement des troupes de Pouiatow,ki, rappelées de Pologne par l'empereur. Celui-ci donna libre cours à lïndignalion que lui suggérait celle mesure, à l'exécution de laquelle il s'opposa d'ailleurs avec la plus grande liolence, et que le cabinet de Yienne rapporta peu de temps après. Le 2ü avril, Napolfon pril le commandement des quatre corps d'armée, que dirigeaient rcspeclivemcnl Ney, Bertrand, Marmont el Oudinot. Les forces franraises et les force, alliées étaient à peu près égales; il y avait environ 200 000 hommes du côté des Français, répartis d'une parl dans les quatre corps que nous ,enons de mentionner et, d'autre parl, dans les trou pes d'Eugène et de Davout, qui s'élevaient ensemble à 90 000 hommes. Les !lusses el les Prus,iens formaient un contingent d'environ 210 000 hommes, dans lesquels il rallail comprendre 30000 Suédois fournis par Uernadotle. Witgen-lein, auquel des généraux qui s'étaient illuslrt's pendant la campagne de Russie avaient tlé adjoints : Miloradovilch, \Vinlzingerode, Gorlcbako, el Uarclay de Tolly, commandait en chef les troupes russes. Les c ontingents pru-siens avaient à leur lêle Blücher. Ce rut à \.\'eissenfels que les Français prirent contact avec l'ennemi, le i" mai, dans la matinée; celle rencontre fui tout à l'bonnenr de nos jeunes troupes qui. avec une prorligieuse inlré1 ldilé, bousculèrent les Russes el neulraJi,èrcnt rellorl de leur cavalerie. Bessières, qui commandait la cavalerie française, fut emporté par un boulet. Celle perte causa un vif mais éphémère chagrin à l'empereur, que la btlle ,·aillance de ,es nouvelles troupes avait réconforté. On se remit en route dans la direction de Leipsig, el

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