Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

424 IIIS'l'OIRE SOCIALISTE a,cc l'Autriche, quelle, illusions il se faisait sur l'erncacité des liens de parent6 qui l'unissaient à François II. Le mariage qu'il avait conclu était, à ses yrux, la condition inéluctable de l'amilio des deux peuples. Cependant des éYénements de secoud plan, sur lesquels on n'a point coutume de s'arrêter, auraient dù éclairer, bien avant 1813, Napoléon sur les sentiments de l'Autriche. La froideur avec laquelle celle nalion avait collaboré à la campagne d,• Russie n'élail.-elle point déjà le signe d'un rel:\chemenl évident? La répouse faite par Napoléou, à l'issue de la campagne de Russie, en janvier 1813, à )1. de llulma gui 1e11aitproposer la médiation de l'empereur François Il, soucieux de clore l'èr-e des conflits européens, avait vivement indisposé les Autrichiens. Contre toute évidence, Napoléon, soulen1nl le bien fondé do Ioules ses prétentions, avait déclaré qu'il n'était prêt à aucune concession et qu·une pah basée sur la reconnaissance de l'indépendance de l'Allemagne étail absolument inacceptalJle. L'échec de la diplomatie autrichienne, en une circonstance où Jïntérêl commandait à Napoléon la conciliation, l'entente el l'aùandon de ses pré;omplions insolentes, avait a!feclé Fr,rnçois Il et refroidi ses intentions pacifiques. D'autre part, Mellernich, avec une incroyable duplicité el une incomparable intelligence des n,oindres événements, commençait contre Napoléon el la domination française une campagne di,simulée, très habile el singulièrement efficace. Il déclarait d'abord à notre ambas,adeur à Viennr. Ollo, que le langage provocateur de Napoléon, notamment Jurs de l'ouverture du corps législatif, ne laissait pas d'aggraver la situation de la France à l'égard des autres nations européennes. Il ajoutait que l'Autriche ne manquerait pas de seconder nos efforts et que la France, avec cet appui, pouvait maintenir sous sa domination la meilleure part de ses conquêtes, les frontières du Rhin, le plus grand nombre des territoires italiens acquis à notre in0uence, les I il les hanséatiques. A l'encontre des sages avis de l'Autriche el des intentions cauteleuses de Mettcrnicb, Napoléon n'émettait que des prétentions insoutenables qui déconcertaient par leur arrogance; à aucun moment il ne concenil que la paix pQt régler un di!férend politique: la solution radicale, c'était l'appel aux armes, lïnvasion, tout le meurtrier cortège de la guerre. En réponse aux avances autrichiennes, Napoléon proposa à François Il une action de concert, fit appuyer ces désirs par un nouvel amba;sadeur à Vienne, Ill. de Narbonne, ancien diplomate de la monarchie, et échoua. Pendant ce temps, Mellernich, ulifüant pour l'Autriche les arnntages incontestables que présentait déjà pour elle la nouvelle coalition, prodiguail ses sympathies aux chels du mouvement antifrançais, faisait secrètement réorganiser les contingents aulri• chiens el s'efforçait de discréditer Napoléon dans l'esprit des alliés demeurés fidèles. Napoléon, en présence des nouvelles alarmaoles qui venaient chaque

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==