Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

l!ISTOIIIE SOCIALISTE les loi,ir, que lui labse sa siluation de ,ecrctaire à l'achè\'ement d'un Catùltim1e d11 soldai alle111a11d, qui est en quelque sorle nn manuel d'énerf:iP helli11ueuse et une exhortation rude au culte de la patrie el dP la gloire des armes. ~lais le rôle de llorilz Arndt ne de,ienl ,éritablemenl prepondérant qu'au moment où Frèdéric-Guillaume, enfin résolu à secouer le joug français, lance son fameu, Apprl au pruple qui dernit ètre le point de dé1>arl d'une mobilisation générale iroruédiatl'. Pour ré,·eiller la passion, pour enflammer les cœ111set les rendre plus in,aliables dans la , ictoire et le triomphe, Arndt comr,o,e de, odes, des chamons hrOlanles de palrioti,:me, loutPs remplie, de re,p<'rance des , ictoires prochaines, el que redisent bientôt ceux qui s'e111ôlenl en masse I our se grouper sous les aigles royales. Les ['lus timid,•,, entrainés par ces refrains l'illranls de frénésie, se ran~ent parmi les plus impélueu~, el le nom d'Arndl est sur toutes h·s lèwes. Cependant, ces impro,batic,n, lyriques, ces chants héroîques, ces résolutions exprimées avec une ~i Hère ar leur n'ont quo ù'a,sez médiocres mérites lilléraires; elle, ne puisent point leur éclat au sein d'idées profondes ou dans les ressources d'une langue imilgée, mab leur sincérité et leur pathétique ferveur sont incomparables et l(•gitimenl encore à nos yem l'èmolion si profondément vraiP qu'elles fai:-aient naitre dans tous le,; cœur,;. Dans son 1/istoire dt la Lillérature allema,ide, Heinrich, fort judicieusement, dépeint la natur.i et la <1ualilé de l'inspiration des littérateurs que l'exceptionnelle gravité de la situation m,'le à la vie publique et s'exprime sur celui que familièrement on appelait lP père Arndt, dans les lermes sui- ,,anls qui senironl de conc)usoon au, ligne, que nous lui arnns con,acrées: • Les œu,res de Moritz Arndt n\ml qu'un seul mérite : la force; qu'un seul a.ttrail: l'amour sincère de ,on pays. C'est un esprit de ;;econd ordre, loyal, tenace, assez borné, une barre de fer qui frappe amis et ennemis, sans le moindre souci des blessures qu'elle peut faire, pourvu qm• le coup ail été asséné par devant el porté en ligne droite. • L'ascendant que ces œuvres rude;, saines el orgueilleuses exerçaient directement sur le, âmes contemporaines fut la condition même de la popularité d'Arndl. Pour cc qui est des mérites lilléraires de ce poète palriote, il HU t mieux s'ab,lenir; on les chercherait ninement dans les œuvres gran-liloquentes de l'auteur de~ Clta111s dt guerre, alors que plusieurs autres écrivains contemporains, violemment mêlés à l'ugilalion politique de 1'Allemagne el moins favori>!éa par la renommée, sollicitent l'attention el l'estime des lettré, par l'énergique noblesse de leurs inspirations, par des dons soul'enl remarquables el par l'expression d'un sentiment poétique llont l'amplrur, la gravité sincère el l'émotion rappellent parfois celle5 des plu~ grands esprils. Parmi ceux-ci, Collin 11e distingue par son enthousia,rue lour à tour guerrier et religieux qui n'est point sans analogie a1·ec l'inspiration belliqueuse el my6lique où s'abandonnaient ~ouvcnl maints chanteurs héroîques

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