Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

IIIS'l'Olltl•; SOCIALISTE Jamais œune urgente ne fut en effet, accomplie dans uo temps plus 1,ropir-e l'l av,•c plus d'efficacité; la situation de l'armée prussienne, dans les 1,r{'mières années du siècle, était déplorable. On tolérait, dans l'organisation des contingents, des abus qui rendaient Loule uni lé, toule cohésion impos• ,ibles; des lrafics frau<1uleux <l des faycurs achetées à prix d'or étaient les moindres lares de l'organisalion militaire prussienne. Pour remédier à un pareil étal <1echoses, Scb,.rnhorsl, peu ;ympathique d'ailleurs am capitaines ignares, fats et belliqueux qui formaient le meilleur du corps des officiers prus,;iens, dul <léployer une énergie d'autant plus tenace, que chacun <le ,es projets, très libéraux en général, allait à l'encontre des privilèges dont jouis,aienl l'aristocratie el les chefs militaires. Scharnhorsl, qui désirait l'aholilion des exemptions ré,enées aux riche,;, ne put obtenir cet édit, mais il provoqua des nwsures a,s1•z nombreuses el qui eurent pour t!Iet de Jonner it l'armée une autonomie et une organi-alion plus ralioonelles. A cùté de l'incessante action, de l'habile el éncrgi11ue lactique de Stein el Seharnhorst, à côté des r,bultals acquis et des transformations fondamen• laies dllCS à leur intelligence, à leur patriotisme el à leurs conceptions libérale,, l'inlluence des lilléralcur,; romantiques et drs idéologue, allait aussi, un p,·u plus tard, contribuer dans une très large mesure, au relèvement inlellccluet et national de cette Allemagne, dont le courage, l'héroïsme el la probilé trou,èreul leur plus forte expression au sein des lulles suprêmes de 1813. ::-icus a,·ons rapidement esquissé le rôle moral des univer.,ilés prus- ,iennes durant les an,.écs qui précédèrent la campagne contre :-iapoléon: le rôle que jouôrenl, dans le m~me temps, indi\'i<lu?llernenl et a,ec une passion dont l'éclat surprend encore par sa puis,ance el sa sincérité, tes plus fameux penseurs el les meilleurs écrivains nationaux, n·eut certes pas une moindre importance. On a coutume, lorsqu'on considère dans son ensemble, cette période patriotique de la littérature allemande, de citer au premier rang de ceux qui l'ont illustrée, Ernest-Moritz Arndt le plus populaire assurément de tous ces modernes 1'yrlées. Arndt qui devait si fortement contribue~ à la restauration du sentiment national el de l'orgueil chauvin dans l'âme allemande, était né en décembre 1760 à Schoritz. En 1702, il se rendit à Iéna où il de\inl un auditeur attentif de Pichle, à l'Uni\ersilé. Envoyé en qualité de professeur de philosophie à l'Uni\er,;ité de Greifswald, vers 180:i, il entreprit, l'année suivante, la publication de la première partie d'un ouvtage intitulé: !'Esprit du temps, qui, par ses tendances nettement patriotiques el son esprit de révolle, lui valut l'inimitié de Napoléon. Pour fuir un courroux qui ne lardait guère à se manifester par des mesures d'ostracisme plus ou moins justifies. Arndt dut, sans plus allendre, se réfugier en Suède; il n'y fil guère qu·un séjour de deux ou trois années et nous le retrouvons, vers 1812, plus ardent que jamais, auprès du baron de Stein, alor,; à Pétersbourg; il utilise

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