Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

420 HISTOIRE SOCIALISTb: de l',\ llemag11e médiévale. ~lax de Schenkendorf qui ne survécut que peu d'a11nées aux lriompbes qui marqu~renl la libération définitive des lerriloircs germaniques, l'emportait sur le précédent par la profondeur de ses pensées el par la vérité robusle des sentiments qui les nourrissent, tandis que Rückr,·l, qui ne rachc poinl une prédilection l'réquenle pour des effets oratoires, inallendus el terrifiants à la manière des mélapbores ou !les images apocalyptiques, e,halail son ressentiment contre ceu, de ses compatrioles qui n'aspiraient poinl à la liberté el subissaient sans révolle le joug de l'étranger. " Et toi, s'écrie quelque parl lluckert, qu'écris-lu donc, poèle? - En lellres de flamme je retrace ma honle el celle de mon peuple qui ne veut pas songer à la liberté. » Entre Lous ces tempéraments e,allé-, bouillonnants, rongés du désir d'enlra!ne,· les masses et les indilidus dans la lu1te supr~me, fiers, et convaincu5, souvent, de la gravité et de l'hér0ï,me du rôle qu'ils onl assumé 1le1ant le siècle el l'histoire, l'àme la plu, parfail~, la plus fougueuse el la plus che,aleresque en mème Lemps que la plus sensible et la plus éclairée, est assurément celle de Kœrner. Disciple de Schiller, Kœrncr garda longtemps l'empreinte du maitre qui av.dl ému et fortifié sa jeune intelligence; tics historiens ont môme constaté entre l'auteur des Brigands et le héros inlellecluel du soulèvement national de profondes similitudes de caractère. Kœrner, dont le cœur nourrissiit une pa,sion perpétuelle, participa enqualilé d'officier à la campagne de 1813. Ce fut au cours de ces lulles que les émotions éprOu\'ées et les sentiments altiers cle la grandeur nationale lui procurèrent ses inspirations les vlus rorles et les plus colorées. Les soirs, au bivouac, à la lueur vivace des feux nocturnes, après une longue journée vécue dans le lumulle, lï1re;se et la frénétique fureur de la bataille, Kœrner improvisait ou composait ces chants célèbres, puissants et simples, qui ver,aient dans le cœur de ses compagnons barassés le précieux réco11fort d'une inlassable espérmce. C'est au long de ces dramatiques ,eillées, au sein m~me de la nalion en armes, que Kœrner composa ce recueil fameux: La Lyre et l'É11ée, qu'une seule pièce universellement répandue: Le Citant de l'Epée, suffit à immortalber. L·, digression que nous a paru nécessiter l'exposé de la situation ~olitique intérieure de la Prusse, avant 1813, el des divers mouvements inlellecluels, particuliers ou collectifs qui Curent l'origine de sa régénération bi•rolqu,,, celle digression, disons-nous, ne ;aurait s'étendre plus Join, el sa longueur m~me nous contraint de revenir plus rapidement à l'bislorlque de, événern('nls politiques que nous a lions à peu près arrêté à la dHecliou du général (l'Yurk de Warlenburg el aux mesures prises par Frédéric-Guillaume pour apaiser le ressentiment conçu à ce sujet par le despote français. Nous avions, à ce propos, signalé la vanité des édits de rigueur pris par le roi de Prusse contre le commandant en rébellion, qui sans wuci du chAll•

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