lllSTO IRE SOCIALISTE 417 appela comme professeurs, entre autre;, Schleiermacher, HubeLtnd, Reil, Klaproth. Ainsi les plus puissantes organisations d'flal avaient apporté au relèvement du sentiment el du besoin de l'autonomie nationale un concour, lrè, effteace; mais il serait profondément injuste, à ce propos, de méconnallre l'action incessante, habile ou chaleureu~e, exercée dan, ce sen, par deux très remarquables ministres de Frédéric-Guillaume, le baron de Stein et Scharnhorst, et par les plus notoires lilléraleurs romantiques de celle époque, Morilz Arndt, Collin, Ruckert, Max de Schcnkendorr et Koerner. Le baron de Stein, en qui l'on voit à bon droit le plus judicieux rérormaleur de la Prusse, était devenu ministre de J<'rédéric-Guillaume en octobre 1807. Le souverain semble, à ce propos, s'être Iaifsé forcer la main, car, si le nouveau ministre avait déjà, en arrivant au pouvoir, la faveur de l'opinion publique, il n'avait guère la sympathie du roi, el l'intelligence cl les succès de ses réformes ne la lui concilièrent pas davantage Jans la suite. Des esprits in<lulgenls el certains sociologues trop empressés ont voulu voir en Stein un précurseur du collectivisme d'État. C'est aller, ce me semble, trop vite el trop loin. li est vrai que Stein se montra, dès rabord, partisrn de la centralisation du pouvoir par l"Etal; cette prédilection pour ce qui n'était chez lui qu'un mode plus rationnel de souveraineté et d'administration politique ne saurait valider l'appréciation que je rappelais plus haut. D'ailleurs, les réformes dont il faut attribuer l'esprit, l'initiative et la réalisation à Stein suffisent amplement à sa juste renommée. On lui doit d'avoir fait promulguer, en 1807, l'édit par lequel le roi abolissait la sujétion héréditaire et rendait libre de toute contrainte administrative ou üscale la transmission des propriétés foncières. Grâce à lui, les franchises communalPs furent rendues, l'anuée d'après, aux ,mes prussiennes. Enfin, à l'épotJue même où sa démission élail demandée pour raisons politiques, Stein réformait radicalement le corps adminislratifde l'État par la suppression de la Direction générale, à laquelle il substituait des gouvernements régionaux hiérarchiquement soumis au contrôle d'un conseil d'État, qui devait être le meilleur appui de la monarchie. Stein, du même coup, supprima les privilèges consentis depuis des temps immémoriaux à certaines provinces, et fil à peu près disparaitre ainsi ce qui restait des I ieilles organisations féodales. Ce que Stein avait fait dans l'administration ci vile, tout l'ordre qu'il avait apporté dans la répartition, l'homogénéité el la consolidation du pouvoir, Scharnhorst pensa le réaliser dans l'armée. Nous ne saurions, sans excéder dans une large mesure les limites imparties à ce travail, nous étendre sur les détails et le caractère des réforme, de Scharnhorst, mais il nous parall néanmoins qu'il est fort utile d'en exposer les grandes lignes, puisque c'est aux réalisations de ces mesures que les succès de la Prusse, vers 1813, doivent être, en partie, attribués.
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