IlltiTOIRE SOCIALISTE dans ,·e pays, ce serait l'étincelle qui embraserait loute l'Allemagne. • Li• mécont,•nlcmenl el l'cxaspéralion des e,prils, dans les ()ays d'oulreRhin, a,servis cl presque ruinés par l'inique tyrannie de la domination françai,c, ne ,e répandaient pas seulement en manifestations publiques. Spontanémrnt, des ré1ollcs individuelles s'associaient, se groupaient, mêlait>nl à !Purs t·spérances collecth es et si légitimes des esprits incertains ou timides. c·e,l ainsi que se formèrent de très nombreuses sociétés secrètes au sein desquelles on mOrissail les projets de délivrance nationale; la plus célèbre de ces associalions polili 1ues ful assurément le Tugendbund, donl les ramifications étaient innombrables el qui complait des adhérents partout. li n·esl pas inutile, à propos du début de ragilalion nationale en Prusse, de rappeler que, Mjà en 1800, Jérôme Bonaparte, placé par Napoléon sur le trône de ,v e,tphalie, e~prirnait les inl1uiéludes que lui cau,ait, a1·ec raison, l'eO'enescence du senlimenl national de ce peuple. Napoléon, selon son habitude, répondait aux objurgations de son frère par des assurances de tranquillité que les événements devaient, peu de Lemps après, cruellement démentir, puisque Jérôme, en ISO'Jel en 1810, eul à déjouer les complots el les soulèvements qu'avaient fomentés Kali, Doernberg el ce fameu, Sd1ill donl le fougueux Arndt fit, ,ans hr,itcr, un héros de bravoure el d'intrépidité. li fallut peu de temps, en 1813, pour que la Prusse devr:H le lhM.lre d'une révolte intellectuelle unanime; nous signalions à l'instant la puissante influence des sociétés secrètes à celle époque; il faudrait pou\Oir s'étendre aussi sur le rôle joué, dans celle conflagration générale des esprits, par les universités, et, en particulier, par celles d'léna, de Greif,,rnld et de Berlin, où professaient des mallres illustres dont l'en,cigncment était tout vibrant de palriolisme. Parmi ceux-ci, Humboldt et Schkgd ,onl, je crob, les plus justement célèbres. Dans le môme temps où le baron de Stein et le ministre Scharnhùrst, sur le rôle desquels nous aurons bientôt à revenir, déployaient, l'un dans la réorsani,ation de l'adminblration et du pouvoir central, l'autre dans l"nécution d'un programme de réformes militaires remJrquables, une intelligence el un zèle en tous points excellents, Frédéric--Guillaume fondait, en 1810, n;niver,ilé de Berlin qui de,ail, à l'heure de la lulle supMu~, exercer une iollucnce prépondérante sur l'esprit de 'ceux qui ,enaienl ,e nourrir de ses enseignements. li va sans dire que des penseurs éclairés, <leshommes d'un goût ,Or el d"un patriotisme intelligent avaient puissamment conlril,uè à cette iniliatile d'un soU1erain jusque-là ,i timoré el forl ho,lile à cerl ,ins libéralbmes. Guillaume de Humboldt, que nous citions tout à l'heure, ful, durant la période d'élaboration de celle grande création, l'un des consei,lers les plus avisés du roi. Fichte, qu'il faut tenir avec Schelling el Hegel pour le meilleur des dbciples de K ,nt, ful promu recl•JUr de l'unlvenilé où l'on
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