Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HJSTOlllE SOClALIST r~ 415 par la révolution. C'était au cœur même de ces mulliµles Etals germaniques, inféodés de force à la domination française, que germaient et se développaient, av~c le plus d'ardeur, ces courageux uésirs d"unité et d'autonomie nationales. Les e,actions des aimées impériales, les déprédations infligées aux habitants, sous la forme adruinbtrative, par le gouvernement français, le, spoliations de toute nature el le sentiment, unanimement éproU\é, ùu désordre apporté dans le monde par Napoléon a1aienl fait naitre un frénétique be:;oin de délivrance qui enflammait les plus timides. Ce fut la défection u'York de \Yartenburg qui mit le feu au, poudres; l'effervescence nationale, mal contenue, éclata et trou,a, pour se manifester au grand jour, des formes imprévues et multiJ les; des pamphlets virulents et remplis de haiue contre les Francai. cl leur de~pote, de:; proclamations belliqueuses, des chamans ~atiriques ,e répandirent rLlpideincnt sur les territoires sermanh1ues. Le gouvernement prus,icn, dans l~s débuts de ce mouvement, fil de son mieux pour étouffer ces pro1ocations el lent« de se rendre maitre de l'insurrection; mais il lui fallut peu de Lemps pour prendré conscience de son impuissance. Le désaveu que Frédéric-Guillaume, fort inquiet de la situation, infligea au général d"York ne ramena guère le calme dans les esprits; les diplomües s'efforcèrent d'.,tténuer la gravité des incidents qui préparaient déjà un conllil inévitable entre l'Allemagne el la France, mais leurs tentatives n'eurent que d"assez médiocres effets. C'est ainsi que, clans le louable souci de di.i,oudre la crise présente, notre ambas,adeur à Berlin, M. de Saintlllarsan, envoya au souvernen,ent français plusieurs appréciations empreintes 0'un optimisme que les moiodrco inûde11ts quuli,.iens légitimaient fort peu. Il assurait au département des alfuires él1augèrfS en France que l'alliance avec !"Allemagne était solide; c"iitait, il est 1rai, à peu près daus le Lemps où Frédéric-Guillaume prote.tait en termes palhéliques de son allacbement à la Frauce et parlait de mettre en jugernent York, qu'il venait d'ailleurs de de,tiluer de son con,ma11dement, ,orl solennellement, mais sans nulle efficacité. Les prévisions d'une solution pacifique de la crise étaient cependant inadmis,i!Jles, en raison des divergeuces de sentiments qui séparaient, exté1ieur1:ment au moins, fréùéric-Guillaume de son peuple. Le souverain, fort 1.,ii,nrenseigné d'ailleurs sur 1'01inion publique, parait bien n'avoir 11oint cachtl les é\entualilés que les faits permeUaient de prevoir, et Saiut-Marsan iapporte un entretien quïl eut, vers ceUe époque, avec le roi de Prusse, qui s'était exprimé à peu près dans ces termes : • La plupart de mes sujets sont, il est Hai, indispoiés contre les Français, et c'est asse1, naturel •; el il ajout.ait un peu plus loin: • DiLes à l'empereur que ponr des sacrifices péeuniaires, je ne peux plus en faire ... Au resU?,dans les circonstances actuelles, il esL heureu1 que la Prusse soil tranquille, car s'il y avait une insurrection

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