41 ', lllSTOIRE SOCIALISTE rP111é.J11a·ru, surprise; funeslcs que lanl de dÎS'<'tnblances pPrrnellaiPnl d'e,rompter; il enloura les jeunes conscrils de grognards; il insisla parlout sur le 111,.Jangede ces deux &lérnenls, qui eul pour effet de faire naitre une cerl 1in1•cohésion dans le, lroupes. D'autre part, malgré tant d'activité, m1lgré t1nl de zèle dépensé à la réori:ani,ation de l'armée, son prestige de chef el de laclici 0 n décroissait, san, qu'il Pn eôl conscience. Sa popularilé el IP magn•lisme qur ~a pré,ence seule ~uffisail à déterminer dans les rangs des troupes élaienl demeurés les mêmes; mais ses ma~échaux, mécontenls de né pouvoir connallre enfin la quiélude donl ils avaient besoin 1,our jouir de leurs privilèges, ne secondaienl que médiocreme11'. ses incroyahlPs efforls; au cours de la campagne d'Allemagne, leur lassitude se transformera en faiblesse, en mulinerie, en indifférence; pour quelques autres, elle provoquera la trahison. Loin de l'inciter à raisonner, à chercher des solutions susceptibles de retarder ou d'écarter les conflits imminents, l'exceptionnelle gravité des circonstances présentes ne faisail qu'exaspérer Napoléon dans ses volontés d'absolutisme. Confiant dans l'Aulriche, sans qu'il eôt d'aulres raisons que sa parenté pour en croire certaine l'alliance, convaincu que les désastres de Russie n'avaient que passagèrement ébranlé le respect imposé jusque-!~ à l'Allemagne, persuadé que Je bruit dont il entourait déjà son olfensive, ne ferait qu'augmenter les hésitations des alliés, Napoléon re,lail fermement attaché à la politique de domination universelle qui allait le perdre. Moralement abandonné par ses lieutenants, incertain des qualités militaires de ses nouvelle, troupes, incapable de réorganiser, au milieu d'une crise si profonde, des services tels que ceux de l'inlendance, donl l'incurie et le désordre auront bientôt sur l'armée les plus lamentables effets, l'empereur, par la magie des illusions, demeurait néanmoins assurt\ de la victoire. Il comptait sans le furieux réveil des liberlés nationales germaniques, meurlries p~r ses volontés insatiables; il complait sans l'habileté et la léoacité de Mellernich, sans l'audace sourlaine d'Alexandre. L'une des raisons de sa confiance ful enfin celle crédulilé déplorable qu'en autocrate absolu il apportail aux alliances conclues avec les souverains étrangers. Il ne songeait pas que les peuples secoueol parfois le joug de ceux qui leur commandent et sullmergent sous le Dot de leurs colères les volontés de ceux qui croient les conduire. Les atermoiemenls de Frédéric-Guillaume, ses craintes et ses prolestalions paraissaient à Napoléon les meilleures garanties èe fidélité qu'il pi\l ,ouhailer tenir. Mais déjà, derrière le souverain prudent el timoré, la Prusse exaltée se levail pour opposer un démenti terrible à ces serments d'obéisrnnce, tl pour reconquérir ,on autonomie et ses libertés. Depuis longlemps, le joug de la tyrannie napoléonienne exaspérait les esprils en Europe, et il n'étail point d'année, plus particulièrement en Allemagne, qui n'apportâl un forl contingent d'adhésions à la cause de la liberté
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