Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

IIISTOIT\E SOCL\l.!STE qu'il s'éveille soudain en lace d"un danger; il .igit par lui-11,~me et il f,,il ;1gir; on devine le• so!dat » inquiet tout à co111>des résolulionsque vont prendre des " politiques ». L'ulTre de Sieyès a été pour lui l'avertissement donné que tout i,ourrail bien ne pas se pa,ser comme il le l'eut. Qu;est-ce que ce trône olTerl au sommet d'un édifice miné par l'extraordinaire théorie de J"ahsorplion? Ainsi on a pu penser que lui, Bonaparte, dans l'instant que partout on l'acclamait, il accepterait de se croiser les bras el as,islerail, en témoin désintéressé el elTrayé - ,ile Grand flecleur"bouge, on l'absorbe!- à lous les événements de la vie poliliqne intérieure et extérieure de la France! Qu"on ail pu seulement song,'r à l'annihiler de la sorte, voilà ce qui, pour Bonaparte, est l'indication du danger qu'il court. Et dès !or, on entend le " sabre » cliqueter au INl'NS des discussions. li y a, dan~ cel in,tanl décisil" de l'histoire du Consuh,L, un en,eignemenl prurond pour tous les socialistes, pour Lous les républicains, el, au milieu de Lons le, faits qui ,."enlassent, qui se précipilenl, nous voudrion, le dégager nellemenl. Bonaparte reruse avec force d'acre?ler la proposition de Sieyès; ce qu'il veut, c'est le pournir >an, contrôle, !'l Sieyès l'a bien deviné lo1s1u'il lui a lancé, à la fin rl"une âpre querelle. la phrase en°ore terrible : « Youlez-1•ous donc être roi?»' Bonaparte accueille p;,1•une ~cmblahle fin de non recevoir toutes les propositions qu'on lui ,o ,met; nœdcrer, Boulay échouenl de la sorte. Les "sections », puis les • commi,sions », réunies à partir du 11 frimaire au LU\embourg (•l " lra1aill6es • par les amis el les parlisans du gé- !léral, n·auoulireol pas da,anlage. El tandis que Sieyès, mâté, veul se relirer, tandis que les clTorts de tous s'exaspèrent, Bonaplrle me11ace : il va rédiger un plan, renvoyer les commissions, el, dans les huil jour,, faire accepter son plan par les assemuléts primaires•. C'est donc bien certain, un coup d'Etat est proche; Bonaparte Vd s'imposer; les documents nous le monlrenl fairnnl plier autour de lui toutes les volontés devanl sa volonté ... Et c1ue pense l'opinion en ces circonstances capitales? Ouvrons les journaux : ceux qui s'ocrnper,l de la comlitution montrent commenl Bonaparte, conformément à la tradition répuLlicaine, s·oppose il la création d'un Gran 1 Électeur nommé à vie. Le Jaumat des Ilommes litres, par exemple, le diL textuellement: • Le bruit général est aujourd'hui qu'une parlie de ceux qui ont e,amin6 et voulu la con,lilulion projelée ne 1eulenl plus du Grand Électeur ... Des personnes qui 1•assc11tpou,· instruites donnent comme ccTlain que Bonaparte s'oppo,e à cc que cetl.e magistrature soil à vie si cil~ est adoptée• (1 't frimaire). Devant de telles erreurs, il ne surftl pas do demeurer confondus, il faul lirer du passo la leço:1 quïl comporte. Ce n'est pas lorsqu'un peuple, qui a donné la prééminenc~ dans ~e. conseils à un aventurier, est entretenu ùans !"ignorance des choses de sa politique, qu'il faul s'étonner, 1. Nott:., dt Grourtlle, âtées par Vanda!, op, oit , p. 50\. 2. Boulay de la :\leu.rtbo, Clp. cit. 1 50.

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