IIISTOIIlE SOCIALISTE mais ùien au moment où ce peuple, étant libre, a conOé à cel aventurier le soi,1 de veiller sur sa liberté. J.a constitution de Sieyès était un monslrueu~ engin de •conservation•, mais du moins le théoricien y marquait son in lent ion de ne pas lai,scr de toute-puissance à « un hommP "· Cel homme précisément voulait la puissance, el, qui plus esl, la Nation niulail quïl la déllnt. Bonaparle n"élail-il pas le p~re de la lihcrlé"! :'\"était-il pas le lype <lu "libéral»'? N'avail-il pas foit apposer les scellé; sur les presses de l'Ari,- lm·que, parce que ce journal l'avait accusé • d"avoir cle, ,ues cl"amhi ion •'·! El voili1pourc1uoi !"on sr moquait dans le public de la rameuse ab,orption de ~ieyès. - • Si lu raisonnes, disait-on à un camarade, je l'absorbe •'· Yoilà pourquoi on se méfiait de ses idées: puisque Bonaparte les rejetait el ne \Oulail pas du Grand Électeur, c'est donc que la création de r,e prroonnage était contrai ré à la vraie doctrine républicaine! Quels faits montreront niieu, jamais jusqu'où peut étre poussé le fétichisme insen,é u'un peuple? Lorsque, par ses manœuvres, Bonaparte cul ruiné tout le crédit de Sieyès auprès des mernùres des sections réunies chaque soir dans son salon du Lu,emùourg, lorsqu'il se fut assurô que cependant son coll~gue se ré,ignait el ne se séparerait pas de lui avec éclat, il sentit que le moment d"aboulir était arrivé. On avail beaucoup discuté, il fallait écrire. C'est ù Uauuou qu,• l'on remit cc soin; une nuit lui suffit pour rédiger un projet. Depuis de nombreuses années, Daunou cherchait, tout comme Sieyè,, 11uelteüc aurait cc p)uvoir merveillcu, de rétablir la vie norm ile d~ la 111lion. C'était un e,prit ouvc, l, au;si apte à s"a-~imiler les justes opiniun; d'autrui qu'à concevoir lui-même de fortes pensées. :S'il 11\1 pa, eu l"énergie presque impos,iule d'arrêter le mouvement qui cntr&inail I,, Ft\tnce rnrs le despotbme, nous ne pouvuns du moins oulJlier que, dans un lem~, oit tous ne songeaient qu'à s'aplatir devant le maitre et à solliciter de lui des fo1eurs et des places, il s·est tenu dignement à l'écart, refusant rnême de répoudre aux avance, qui lui furent faites. Comme il fallait ,'y attendre, le plan quïl rapplrla et qui devait n'être que la ré laction des idées e.,posées par Sieyès, ditférail en réalité cle ce qui avait été dit par le collègue de llonaparle. D.unou n'avait pu oublic1· quïl a1ail, pour une très large part, contribué à l"élaulissement cle la Constitution de l'an Ill el, ni la mise eu pratique de celle constitution, ni les discussions nomureuses au,quelles il asRistail depuis le coup c1·Elat n'avaieut pu le conl'aincrc que rnn œuvre fut mauvaise. li demeurait au contraire persuadé que la Constitution de l'an Ill remaniée devait (•Ire la base du 11ouveau pacte social. Ce remaniement, Il Ir faisait surtout consislet· dans la sup1 r~ssion du l. Ami de, loi.s, 16 frimaire. 2. Journal cks Homme, libre.1, ï frimaire. 3. Jourtt0l (k., J/omnu, libre,, 22 frimaire.
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