Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

!IISTOIRE ~OCL\ LIST!-: 'oOO elle fuyait à perte d'haleine, pour échapper à la lance des Cosaque- .. \ la sorti,, de Kovno, plu, rien ne suh-i,la des cadr,,, ,1,, l'armée. ce fut une course éperdue, hors des atteintes de l'ennemi, de petit, sronp,·s épui-é,; le vide s'Nail fait :111to11rdes chefs, quelques centaine, d'homme, Pntouraicnl encore le I lus héroïque de, romballanls de la Gran ,, .\rméo: 'lry. Telle était dé,orrnais l'irréparable issnP de relie enlrcpri,e in,en,éP, con~ue par l'orgupil cl l'ambition efîrrnée de :-i'a1.olr'-on,el ron mencêe (an, la macrniOcrnce cl la p, rnp1' qui con po,aienl l'ornement ordinaire des rnanifc,. talions de la pui,,ance du somerain. L'elTroiahle hécatonrbe dont l'empereur, au -ein du <:nn-eil d'Etat, rejetait négligemment, el a,·ec l'incroiahlt• impndr•nce que •i~rli!laienl ies moindre, allilurte-, les respon,ahil té., ,enuil de coùler à r:::urope 1irès de :'.00000 hommes; on eùl pu croir~ que c·en était assez, el que d'au••i rnins hircï•mes, rl'amsi e,(crable- e~1,Joits avaient lassé la Franrc el fait er1"i•agrr Loule l'horreur d'un tel r~gne. Il n'en rl<•v,lil rien Hrr. Les desnstres de la Uérézina, la boucherir hideusr de la ~lo,r0\1,1, les rnufîrances de toul un peuple en armr, n·a,·aienl point etfac,' le prP<ligieux sou,enir de Wagram cl cl'léna, la m(moire ardente el forle des lenrlemains de Friedlancl et cl'Auslerlilz. La nation épui>ée, meurlrie, apeurl'•', malgré tant de doulrur~, lai-sait encorr en l'iapoltlon ,es ullirnt>, el tr•m1,Janles espérance,. Elle allait encore, sou, la lyrannir1ue étreinte du joue au moyen duquel il matait se, rèvolles cl mallrisail ~e~ l'olonlés, lui con•t·nlir d'immortels •acrifi,·e,'; elle allJil tirer de ses flancs pre,que ,ide, 1,,, derni~res re,;011rre-; die allait ain,i lui fournir, aprè, tant de dévouements inutile;;, l'argent cl les armées <les cam1,ai;nes clc Prusse et dt' France. Au Conseil <l'É!al, l'empereur recevait les hommages obséquiem des plus hauts dignitaire,; ries rliscour, furent prononcés qui, pour la honte de notre histoire, e,allaienl a,ec grandilo1ucnce J'in1incihle gloire du ,,.uwrain Pl s'efîorçaienl à pallier ,e, folies et ses crimrs en en rechrrchnnl les can-r, au travers des ha•ards n alheureu,. Pas une voi, ne s'élcrn pour ch fcnrlre la nation, pas une conscience n'eut le courage de ré,éler pultliquement le l'égoùl el la la,silude de la ~•rance el du monde. La 1,résence de :-ïapoléon se rcfictail dans !'Ame de la nalion; on eOt rlil qu'elle) renouvelait les énergies, qu'elle y ressuscitait les h, rohmes, la force, la ,olontù de vivre el de vaincre, l'e,poir.

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