Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

llJS'l'OlRE SOCIALISTE l1aitail déjà pouYoir abandonner, dans :\loscou en ruines, à la fureur cles Itn,,e,. Ces résolu lion,, dont l'e[frû)able barbarie cn,anglanlc à jamais notre histoire, se succt'ùaienl, hélas: sans qu'il fû.L possible de remédier aux mallleues qu'elles pl'Ovoquaienl. L,, 16, :Sapol~on paninl (L lirasnoi ; mais des pertes nouvelles el nomhreu~cs avaient encore, pendant ces deux jours, frappé l'armée. Ll' froid s'élail désorruais révélé comme un implacable ennemi, silencieux et sans pardon. Ceux qui s'en<lo1·maienl aux !Jalles, sur la terre glac,1e, ne se 1·6vcillaicnt plus; la neige bienlùl les recouvrait, lrahis,ant à peine leur pré,.,nce: les plaines sc cou Iraient de caclaHc;; les blcs:;és l't les mal:iùes tombaient, el nul n'avuil la force di' quiller les rangs ponr les assister à l'instont supr~mc. Euli11, sans qu'il fùl po;;ihle de prévenir leurs incursions inopinée~, les Cosiques, au:;si pn'ls à fonù:·c qu'à dispal'allre, harcelai,•nl les troupes el leur causaient des 1iertes incessantes. A l'arrière-garde, :Scy fai,ail d'inutiles pl'Odig-es de valrur. Con1me le prince Eugène, comme Da\Oul, :>;eyl'ut attaqué à lüasnoi par le, Russes que commandait l'impétueux ~lilorado,itch. Celui-ri, selon les instructions de Koulousof s'efforça Yaincmenl ùe couper le corps français. Eugène, grft,.e à l'inlcrvcnlion de la jeune garde, Davout, gril.cc,, rnn san({-l'roid el à l'habileté de son otrcnsi1c, arnicnl pu rc;,ousaCl' l'allaque de, Russes. :Sei résista lout un jour el triompha, lui aussi, de l'ennemi. Jlalgré les perles subies, la rctrnilc n'était pas encoi·c conpéc; elle devait l'êtl'e, hélas! ù quelques jours cle dblnnce, sui· les bords douloureus;;menl famrux de la Bérézina. "x, L1• roml.Jal héroïque ;oulenu par :Scy à Krasnoi, avait eu des conséquences particulièrement meurtrières: des milliers de soldats y avaient trouvé la mort; le reste élall démoralisé, épui,é et abattu ·par clïndiribles souffrance, et des privations ùe toute nature. Les Russes pensèrent que la capitulation du maréchal :>;ryn'étai l plus qu'une question d'heures; ils clépêchèrenl la nuit un parlcmcutairc auquel Ney Jédaigna de 1•épondl'C; toutefois, pour qu'il fùt mis dans l'impossibilité de l'ournir, à sou retour au camp, ùes 1en-eignements sur le, desseins audacieux que le IJJ(ll'échal complait -e;,,.èculersans rclard, le Russe ful gardé pPisonnier; c'est alors qnc Ney commença ù opérer ce mouvement énergique el désc spéré, vraiment sublime dP sang-froid el d'audace, et auquel il dut son salut et ccluj de ses derniers sohlab. Après avoir reformé les débris de son année, il s'achemina en bi\le, à la nuit, sur les bords du Dniéper qu'il résolut ùo traverser, quelque périlleuse que J'ut l'entreprise. Par bonheur, le fleuve élail gelé, mais les glaces sui· lc,quelles il fallait pas;er semblaient de formation si récentr, qu'on pouvait c1·aiudrc de les voir céder sous le poids. des troupes. Ces appréhensions, qui laissaient deviner une mort affreuse, ne modifièrent -point les résolutions du maréchal, et les troup~ s'engagèrent sa116 larder sur la glace; le malheur qu'on pressen.lail, par miracle ne se produisit pas,

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