Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

lllSTOIRE SOCIALIST" 401 de gardes nationaux persuadées par ses soins; il les chargea de l'rxéculion de certaines mesures el notamment de l'arrestation du ministre de la police el du ministre de la guerre. Lahorie el Guidai s'acquittèrent con,cicncieuse· ment de leur mission, tandis que Malet, à la tête de la rlixième cohorte, se rendait à l'étal-major de la place de Paris,où il blesse d"un coup de pistolet le général Hullin qui lui demande les ordres en vertu desquels il agit. Jusques lb, rien ne semblait devoir compromellre le succès de la conspiration; mais au moment où )lalel se rendait it l'hôlel de !"état-major, il fut reconnu par un orllcier nommé Doucet qui lui demanda brusquement au moyen de quel stratagème il élail sorti de sa prison. En mèmc temps, el sans allendre les e,plicalions de )lalet, il s'empara de lui et le fil ligotter, tandis qu'on dénontait par ses soins au, troupes étonnées le courageux mensonge de Malet. c·en était fait de la conspiration. La répres,ion ful d'une cruauté si odieuse qu'elle frappa même par sa brutalité Napoléon, pourlanl peu suspect cle pitié. Malet el douze de ses complices, donl ;iour la plupart la bonne foi avait été trompée, furent fusillés, tandis que les administrations de la police et des autres ministères cherchaient à se rejeter de l'une à l'autre les respon- ~abilités de l'événement afin d'éviter le resse1llimenl de l'empereur. Après de nombreux incidents de roule, des allac1ues et de nouveaux désastres, les restes de la Grande Armée entrèrent à Smolensk où de cruelles déceptions les attendaient. Les vivres qu·on espérait tromer en abondance avaient disparu, el les approvisionnements attendus n'avaient pu, il cause de !"hiver, atteindre Smolensk. Il fallut se résoudre à repartir presque aussilùl. Le désastre prit des proportions inconnues: les chevau, périssaient par milliers; le froid devint intolérable et les troupes ne pouvaicnt·presque plus se nourrir 1 • On ·apprenait en même temps que les 2 000 hommes d'.\ugcreau venaient d'être mis hors de combat par les nusses, que la brigade du général Charpentier était anéantie. Napoléon quitta Smolensk au malin du H novembre 1812; il n'avait guère, à celle date, que 34000 hommes el une artillerie qu'il avait dù, sur les instances de ses lieutenants, réduire de 12ï canons à 24. li laissait dans la ville déserte et pillée les femmes, les trainards, toute la cohue qu'il sout. llémoire1 du sergent Bourgogne : 11 Lorsque l'on s'arrêtait a.Onde prendre quelque chose aa plus Tite, l'on saignait. lea chevaux abaodonnés ou ceux que l'on pouvait enlever sans être TU i l'on en recueillait le sang dans une marmite, on le faisait cuire et on le mangeait, mais il arriTait ,ouvent qu'au moment où on nnait. de le meu.re au feu l'on était obligù de le manger, soit que l'ordre du départ arriTât ou que les Rosses fussent trop près de nous ... Sounnt., lortqu'on était obligll d'abandonner des chevaux pa.rce qu'on n·~..,ait.pas le temps de les découper, il arrinit que des hommes restaient. en arrière ezprès, en se cachant, atl.n qu'on ne lea forçlt point à suiffe leur rigiment. Alors ils tombaient. sur cette viande comme de■ Toraces; a1111i était-il rare que ces hommes reparussent., aoit qu'ils fussent pris par l'enDtmi ou morts de froid . • . . Le nombr-ede, mona et. du mourants que nous Ja.issàmes dans nos bi,aes, en partant, rat prodigieuz. Plm loin, o'llWt pire encore, car, sar la route, nous étions obligés d'enjamber 1111' le■ cadanea que lu corps d'armée qui noua précédaient. laissaient. après euz. •

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