3()0 HISTOIT\E SOCIALISTE I<:nrace des libéraux., 1'5 réactionnaires s'organisent el font u.ne opposition clése~pèrée à toutes les tentatives de réformes, usant presque constamment d'un argument redoutable el déclarant altenlatoire, au dogme catholique les mesures le:; plus timides. Toutefois la résistance de ces enragés réacteurs se brisa contre l'opiniâtre volonté des libéraux et quand, en 1811, les Cortès se transportèrent à C~di,, ce fut pour y accomplir de grandes et belles choses: les droits seigneuriaux sont incoqiorés à la couronne, le vasselage est supprimé, les privilèges de chasse. de p~che, de fourneaux, de pacage, de pâturage sonLabolis el, sous les coups répétés de l'orateur Herreros, les derniers vestiges de la féodalité s'écrou !en l. Ainsi ful Yotée la constitution de l'an XH donl nous ne pouvons exposer les détails, mais qui déclarait le serl'ice militaire obligatoire pour tous, qui reconnaissait en principe la liberté de la presse et promettait d'assurer le développement de l'instruction publique par la propagation des écoles jprimaires. C'était là, n·est-il pas vrai, un magnifique résullat, d'autant plus admirable que rassemblée délibérait en face de l'invasion étrangère el que naturellement les adversaires des réformes exploitaient contre elles les passi,)ns patriotiques, en essayant de faire croire que l'honneur national espagnol était inlére,sé à repousser tout ce qui venait de France, les idées, comme les armées! Hélas! il y réussirent bientôt avec d'autant plus de facilité que les Cortès avaient reculé devant le plus terrible ennemi <1uïls avaient à combattre. Pour n'avoir point voulu rompre avec l'f:~lise, le, l,berau, cspai;nols préparaient le retour offensif de la réaction et de nouvell~s épreuves pour leur malheureux pays. Toutes ces épreuves, celles d'hier comme celles d'aujourd'hui, ne viennentelles pas de ce que l'Espagne aura toujours son sort étroitement rivé à celui de la religion catholique : « Etrdnge préoccupation, s'écrie avec rorce M. Hubbard, que celle d'un blessé adorant l'épée qui le frappe. » Les agissements des moines et des prêtres finirent enlln pas prévaloir et, sous la pre,,ion de l'opinion publique égarêe,\la dissolution des Cortès est prononcée et des élections ont lieu qui donnent une majorité redoutable à l'élément réacteur. Réunis à Madrid Je 5 janvier i814, les nouveauxCortés se bornent à négocier le retour de Ferdinand YII qui, au mois de mar3 suivant, rentre en Espagne, décidé à briser toute l'œuvre d'émancipation accomplie en son absence I Mais quand mème, nous le disions plus haut, Il resta quelque chose de !'~!fort révolutionnaire accompli, et sinon les institutions, du moins quel• ques limes en gardèrent l'empreinte ineffaçable.
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