Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOlllE SUCI,\ LISTE éph{•m,'re, car nous a,ons vu, par l'e,emple ùc Richard-Lenoir, que le.~droits pr hihï.i•, lln'renL par tellement r.iréfl •r la matière premi,'ra quïl fallut ferm r le, usine, el que la ruine succéda à la prospérilé. LP lissage des laint>s ~e d,·velÔppe aus,i avec quelque rapidité el, à Se,lan, 18000 ouvrier, s ut em1,lllyés ~ur i 5:-,0 métiers, tandis qu'à Carcas,oune 9 WU ouvriers fJbriqueul plus de 12 000 pièces de drap. La fabriealion du lin élail non moins active, el Saint-Quentin, YJlcnciennes, Cambrai et Douai connurent de beau, jours. La même époque fil nallre aussi la préparation de la garance el du bleu de Pru,sc. ~t.iis des efforts inouis furent surtout mis en œune pour remplacer le sucre ùe canne si formidablement ta,é: on chercha le ,ucrc pirllluL oi: il poU1ait être: dans le miel, dans le, ch!l.Laigoes, les pommes de terre, le maîs, le mùricr, dans le rnr,•rh. les pommes et les poires, ùans les cerise-, le; prune-, les 11:;;ue,el les raisins. L~ !'urre de raisin eul mt'me ~on heure ùe vowe et fut très encvurai;é: en iSIO el i811, Mut millions de k logrammes furent fabri,1u,·s. Mais ,on usage disparut hirntôl, car il produi,ait une méla~sc clé,;Ji:réablc, im1 os,ibh• à cri:;l.illi-er. C'e,l alors que ful ouvprle, en 1810 (•gaiement, la première fabrique ùc wcre de lir,llerave, installée dans le département du D0ub,. par un ,icur S.-ié profitant d1s essJi~ de De!e," rl à l'a'>y. A celle nouvelle, la Joie de :'iapoléon del'ient dèlJordantc, il croit L\nglettrre ,·aincue: • Quel coup porté à celle nation si llère de rnn monopole et d,• ,es co!onie,, s·ècrie-l-il. • el il court décorer Delessert, de >l'o propres main,, Aus,itôt des primes sont accor,!ées au ;ocre de ùellcra,e, clunt la culture ,ét•nd rapidement à 32 000 pui,, à 100 000 hectare,: <les ècoleo •péci.iles de fal ncation rnnt élaùlies à Pantin, à Douai, à ~tra,IJourg, à Castelnaudary, a \\'arhenhcim el bientôt plus de quarante fabri11ue, s'élè1enl sur toute retcndne ùc l"Empire. Aimi débuta en Europe celte industrie sucrière qui dc,ail, en moins d'un ,i,•cle, se ùé,eloppt•r a1·ec un ,i prodicieu>: élan qu'au cocnmencerncol du XX• ,;1ècle, l'Améri11ue esl à son tour obligée de se protcger conlre lïrnasion ùu ,;ucre ùe betterave comme l'Europe s'éLail jadis fermée à la péntilralion du ,ucre ùe canne. :-l'avons-nous p,,s vu, il y a un an à peine, les tlals-Llnis frapper d'un droit e~orbilanl l'importation des sucres russes ùoo l la produclion surabondante menaçall d'écraser ,on marché·? Mais, pour quelques lndu,lries favorisées (nous reviendrons ullllricuremen l aveç plus de détails sur la situation induslriellc de la France .ous le pn mier

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