330 HISTOIRE SOCTALISTE " son élude sur la Hérnlution, le rôle prépondérant joué, dans Ill chute de l'anden régime, par 1,, bourgeoisie, d'auta□l plu:; impatiente de pouvoir politique c111'elleavait déjà, par sa puissance induslri~lle, financière el commerciale, fortement ébranlé la prédominance de la féodalité immobilièu. Il a, par des exemples frappants, des documents irréfutables, établi la prospérité to11jours grandisrnule des villes industrielles à la veille de 1780; il a, soulignant l'incroyable aYeuglemenl de 'Paine, proul'é combien celle force d'une bourgeoisie riche, ambitieuse el active se fil irrésistible, mise au service de la pensée rél'olulion naire. Au lendemain de celle révolution qu'elle sut con0squer à son i:,ro!ll - d'autant plus facilement, hélas, que le prolél~riat n'avait pas encore sa conscience de classe - la bourgeoisie capilalisLe résolut de tirer de sa victoire Loulle parti pos,il!le. li y avait longtemps déji,, nous l'al'ons vu eu parlant du colberlisme, qu'elle s'eITorçaiLd'entrainer la monarchie nans le système du protectionnisme à outrance; elle ne manqua point, nous l'avons aussi constaté, d'exercer une pression identique sur la Convention et sur le Directoire. Mai~ c'est en Napoléon qu'enfin elle trou\'a l'homme capable de mener jusqu'aux plus violentes el plus folles conséquences l'applicalion intégrale du système protecteur. La hourgcoisie capilalisle ne ménagea d'ailleurs pas ses applaudissements et se:; encouragrments à celui dont elle attendait tant de complaisance~. Les actes de l,arl!arie que nous aYons signalés,'ces autodafés sauvages, où furent livrés a11x flammes des millions de marchandises saisies, excitaient surtout l'enthousiasme des chaml!res de commerce el des chambres consultatives d'agriculture : les félicitations arrivaient en foule, el on lira avec intérêt ces lignes extraites d'une adresse envoyée par la chambre de commerce d'Amiens: • Sire, vos fidèles sujets, les membres de la chambre de commerce d'Amiens, organes des fabriques el du commerce du département de la Somm~, viennent vous exp1·imer leur respectueuse reconnaissance pour votre décret du 18 du mois d'octobre. (Ce décret portail création des cours prévôtales de douanes, et décidait que les marchandises saisies seraient impitoyablement brûlées). La chambre de commerce d'Amiens s·enorgueillil aujourd'hui cJ'a\'oir dP.mandé, dans un mémoire adressé le 24. février 1810 à son Excellence Je ministre de l'Intérieur, le renouvellement de l'arrêt du Conseil du 6 janvier 1739. Cet arrêt ordonnait que les marchandises prohibées seraient lacérées et brûlées. Vous avez réalisé nos vœnx. Les fabriques françaises n'auront plus à redouter maintenant, non seulement en France, mai3 même dans les pays étrangers, la concurrence des fabriques anglaises dans la consommation de leurs produits ... • • Nous pourrions multiplier à l'infini les citations de textes semblables; nous avons, plus haut, rapporté plusieurs pages des mémoires de Richard Lenoir : tout démontre que, d'une part, Napoléon élail enchanté de trouver
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