Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOCIALISTE matelots anglais qui s'y pouvaient trouver. En juin i807, une frégate anglaise n'hésita même pas à ouvrir le feu sur une frégate américaine trop lente à exécuter ses ordres. Dè, lors, Jefferson fit adopter, par Je Congrès en décembre i802, un hill d'embargo qui ne fut d'ailleurs pas maintenu, mais qui acheva d"exaspérer les passions des deux côtés de l'Atlantique. Les quelques années qui ~uivirenl furent employies à des négociations en vue d'une solution pacifique à laquelle tenait beaucoup Je président Madison, successeur de Jefferson; mai, pas plus que Napoléon, l'Angleterre n'avait alorsas~ez de sang-froirl pour ~eprêter à des tentatives de conciliation, et la guerre entre la Grande-Bretagne el Je; Êlal,-Unis fut déclarée le 18 juin 1812. Elle fut longue et meurlrière, el parfaitement inutile d'ailleurs, car le traité de Gand qui la termina, le 2't décembre i814, resla muet sur le conflit économique qui avait nécessité l'ouverture des hostilités. El maintenant, après avoir rappelé qu'à la faveur de celle interminable guerre entre la France el l'Angleterre, celle dernière a,,ait peu à peu mis la main sur la plupart de nos possessions colonialP,S, et que, du vaste empire dont elle était maitresse soixante ans auparavant, la France ne gardait plus que des bribes de territoires clairsemés, après avoir indiqué que la Guadeloupe fut livrée le 6 févriPr i8i0, que les Anglais occupèrent la Réunion, le 8 juillet, el rue-de-France, Je 3 décembre de la même année, que nos établisS'ments de l'océan Indien, de 11nde et des Antilles furent ainsi ruinées, nous voici par\'enus au bout de la première partie de notre tâche : l'examen aussi simplifié que possible des conséquences politiques du blocus continental. Et tout de suite une réfiexion s'impose après ce rapide coup d'œil jeté sur l'univers ainsi bouleversé. Évoquons le souvenir de toutes les exécrables guerres qui ont laissé· hélas! des marques sanglantes à presque toutes les pages de notre histoire nationale: nous trouverons les causes les plus diverses à ces barbares conflits qui précipitent les peuples les uns contre les autres: nous verrons les querelles religieuses et les rivalités dynastiques entrainer les empereurs, les roi; et les princes dans de lerrililes mêlées, nous verrons des coalitions formidables se former pour écraser la France révolutionnaire, nous verrons, par contre, celle-ci entrainée hors de ses frontières par l'appel des peuples qui veulent s'émanciper; toute la première I ériode des campagnes napoléoniennes peul être considérée comme la conséquence in61ilable du gigantesque élan que la Révolution a1ait donné à ses fils. Mais, avec le blocus continental, nous entrons pour la première fois dans le cycle de, 1,tuerrescapitalistes, nous disons pour la première fois dans l"histoire moderne, car Rome et Carthage, aux temps antiques, connurent des conflits analogues. Jaurès, en des pages éloquentes et décisives, a montré, dès le début de

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