Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOCIALISTE le Porlugal; le régenl fut ~ommé, lui au5-i, d'rnlrcr dan, le hlocu, <'ontinenl.11, de déclarer la guerrP à la Grande-Cretaime, de confi,~urr lt•, m'lr• chaudi-rs angla·i,c,, a·arrNer les An~lais el de saisir leur, propr:él(-s, L• r~grnl était loul dispo,é à faire, du moin, en apparence, toutes les conc,1;- si,,ns demandées, mais Napoléon se pn\\alul d'un refus oppo;é à l'une dt• ses condilion, el Junot reçut l'ordre !le pénétrer en ~:-pagne awc 2;,000 homme, el dt• se diriger, à marches forcées, ,ers Li,honne où il entra le ;J(J novernhre. Ce ful le début, dans la pénin~ule ibériqur, de la longue et Lcrrihle gurrrr ,·ont nous dirons plus loin les tragique, péripéties. 1Iai- pour,uivons, •ans nous atlarder, le tableau cle cr houlevrr-e 1,cnl euro1,éen. En Allrmagne, la tyrannie napoléonienne se fait parliculièrr111enl hrulale : au kndemain de Tilsill, en no,embre 1807, l'cmper,•ur plac,• soa frere Jerôme ,ur le trône de \\'e,tj,halie ri il ol1ligf' le duc de ~l,•rl,,lemhour~. les Etal, thuringicns, le roi de Sa,e à entrer dans la Conféùéralion du Rhin. cette confédération dont il se di•ail srul••mcnl le prolcclenr, mais où il parlait en mallre absolu. L'application du hlocus continental y fut parliculi~rement violente t'l les autodafcs, dont nous parlions plus haut, s'allumèrent en m~me temps à Francfort, à Slullgard, à Dadc, à Munich, à Dresde el à Leipzi!( ; il se produisit alors, sur le sucre et le enté, une haus-e formidable qui e,a,pérail la population : loin de profiter du régime prohibitif, l'in,!uo;. trie, gênée rar les tracasseries douanières, périclite de plus en plus; les produits d'e,porlalion comme les grains, les bois, les chanvres el les laines ne pem·enl plus sortir des rorls de Hambourg et de Drême el le mécont,•nlement ,·a grandi,sanl du Rhin à l'Od,•r, faisant pré,ager au, oh,ervaleu!'l' perspicaces le prochaill déchainement d'un irrbi;,tible mournmenl p:1lriolique. Dès octobre il¾lî, l'Autriche est également sc,mmée de prendre parti contre l'Angletc,re et li. de Mellernich est obligé de ~igner à Fontainrblcau une COil\ cnliun par laquelle Françoi8 li s'engage à rompre Ioules r(')alions awr la (,rande-Drelagne. Mais la cour autrichienne ressentit \ivemcnl l'humilialiun qui lui élnil ain,i infligée el se consacra dorénavant à la prèr,aralion d'une revanche : c·étail encore de ce côté la guerre prochaine, el elle éclata, cnmme nous le verrons, en 1800, obligeant Napoléon à abandonner pn'cipilamment lts champ, de bataille de l'Es, agne. Nous sommes loin d·en avoir fini anc les conséquences du blocus continental et nous devons aborder maintenaot, au risque d'anticiper un peu sur l'ordre chronologique des é\'énemenls, la q11e,tion de lloll.tndo. En 1806, par un odieu1 abus de sa rorce, ~apoléon a,•ail étranglé la R~publique batave, érigé la Hollande en royaume el placé sur le trône Louis, son trobolème rr~re. Pour ~tre Jusle, il laut reconna11re que celui-ci prit au sérieux son rôle et qu'il• efforça de soutenir te, intérêt• de se: nombreux sujet-, se refu,ant

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