IIISTOII\E SOCIALISTE à demeurer exC'lnsivemenl l'exécuteur aveugle des volonlés de Napoléon. Par une lelle attitude, par le zèle qu'il mil à développer la prospérüé commerciale dn royaume, par sa hâle à faire exécuter d'importants lravaù_x de des- . sèchement el d'organisalion du régime des eaux, par sa sollicilude pour les savants et les artistes, par ,a résistance aux exigences de Napoléon, relatives à la conscription el malgré les légitimes préventions des Hollandais, il mflrila le plus noble qualificalir qu'un homme puisse ambitionner : on l'appela le • bon • roi Louis. C'élail plus que suffisanl, par contre, pour s'allirer la haine de l'empereur el des querelles violentes éclatèrent entre les deux frères. La colère de Napoléon ne connul plus de bornes en présence de la ~ésislance que manifesta la llollande à l'application du blocus conlinenlal. Pour une nation aussi essentiellemenr commerçante, le blocus était, plus que pour toute autre, une cause de ruine. Aussi, la fraude pril-elle dans les Etals de Louis un développemenl d'autanl plus rapide qu'elle pouvail compler sur la complicité du gouvernement. Même à la cour, les dames alîeclaienl de porter des coslumes e,clusivement fabriqué, a,·ec des étoffes d'origine anglaise. Dès lors, la llollancle, considérée comme en étal de rébellion conlre la volonté impériale, n'allait pas ltrder à p yer de son indépendance une altitude si frondeuse. Louis lut mandé il Paris dans les derniers jours de nc,vemùre 1800; pendanl plusieurs mois, il y subit, sans pouvoir reparlir, les insolcnlcs admoncslalions de son terrible frère el finil par conseulir, sous la menace,au traité du 1ü mars 1810, ~ar lequel il cédail il l'Empire la Zélande el le Brabant, c'esl-à-dire Ioule la rive gniche du Waha!, el s'cngagcail il cnlrcteni r six mille Français, tanl fonclionnaires qne douaniers, aux frais du lrésor hollandais. Renlré dans Amsterdam, sa capitale, Louis ne pul se faire illuûon sur les inlenlions de Napoléon el il essaya de , étourner l'orage par une lcllre en même temps énergique el persua;ive donl voici un inléressanl passage : • Si vous voulez consolider l'état actuel de la France, disail-il, el obtenir la paix maritime ou attaquer heureusemenl l'Angleterre, ce n'est point par des mesures sembables à celles du blocus que vous y paniendrez ; ce n'esl pas en délruimnl un royaume érigé par vous; ce n'est pas en affaiblissant vos alliés et en ne respeclanl ni leurs droits les plus sacrés, ni les premiers principes du droil des gens et de l'équité; mais, au contraire, entaisant aimer la France, en consolidant el renforçant des alliés aussi stlrs que vos frères. » Mais ciue pouvaient des paroles si sages contre l'ambitieux entêtement de Napoléon? Coup sur coup, nous allons ;;ssisler d'abord au morcellement, puis à l'annexion complète de la Hollande. Le 2i avril iSIO, le Sénal vote la rénnlon ~- la France de tous les JID)S silués rnr la rive gauche du Rhin, depuis les limites du département de la llleuse jusqu'à la mer, el un décreL
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==