31G HISTOIRE SOCIALISTE laine, lorsqu'au commencement de fénier, nous fûmes appelés un malin dans le cal.Jni et de l'empereur.» • M. Oberkamp, M. Férel, son gendre, et i\l. Collin de Sussy, ancien a clminislraleur des douanes, nous avaient précédés, et déjà la discussio11 était rorl animée, lorsque nous arrivâmes. " - Ah l ça, messieurs, nous dit l'empereur dès qu'il nous aperçut, vou, me demandez dèfinitil'emenl la prohibition des toiles à impression et des mousselines. « - l'ious rappelons à Yotre Majesté ce qu'elle a bien voulu nous promettre il y a trois ans. « - illais c·esl un monopole que vous voulez établir. « - Nous voulons, au contraire, appeler tout le commerce à participer aux bienfaits de la mesure sollicitée par nom. • - Yos établissements sont assez considérables sans doute pour que mus soyez plus intéressé que tout autre à tuèr les fabrications anglaises. " - Oui, Sire; mais nous _avons déjà gagné une assez belle fortune pour que l'on puisse voir autre chose maintenant dans nos travaux que l'amour du gain. EL Richard s'elîorce de démontrer à l'empereur la pureté et le désintéressement de ses intentions. J'imagine que Napoléon dut mellre quelque sarcasme dans la réponse qu'il fil au plaidoyer du filateur. « - Allons messieurs, dil-il, je vois avec plaisir que je me trompais sur ,os intentions: vous ne voulez pas accaparer une branche d'industrie. « - Au contraire, nous voulons appeler tous nos confrères à partager les avantages qu'elle présente. Cela est si vrai, Sire, que nous espérons que M. Oberkamp lui-même se fera filateur et fabricant. « - Réellement, Monsieur Oberkamp, reprit l'empereur en se tournant ,ers lui, peul-on imprimer sur des toiles de fabrique française? ,, - Oui, Sire. « - Monsieur Richard, pourquoi tenir à la prohibition? Ne vient-on pas d'éta!Jlir un droit de 50 '/,? me dit encore Sa Majesté; cela équivaudrait à la prohibition; n·e,l;il pas vrai, M. deSussy? • - Nul doute, Sire, qu'un tel droit ne soit aussi protecteur que la prohibition, répon11ilM. Collin. « Ce droit fera la fortune de la douane et des contrebandiers, sans servir les intérêts de la France, repris-je alors. • SuiL alors une étrange explication qui témoigne comment Richard était expérimenté dans la pratique de la contrebande. L'estimable industriel n'ignore rien de la façon d'acheter les commis de douane et de frauder l'Etat: il établit même une sorte de statistique de la moralité administrative el
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