Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOCIALISTE Et, visiblemenl, l'espoir d'un lei culle se m~lail de façon précise à l'expression du regrel d'l•lre encore au rang des morte:s. )lême à son lil de mort, Napoléon, toujours ave11gle, ne consentit ja11His ù comenir de rn prodigieuse erreur, rl, à Sainle-llèlène, parlant d11 « blocus conlin~nlül », il proclamait ri>core ~11·1111 lei projel étail le plus vaste quïl ail jamais conçu. \'asle. il l'était certes : nous allons voir sïl eul d'antres mérites. Mais il convient de remarquer auparavanl que du moins son originalité doil t'lre conleslée : depuis longlemps, en efîel, les idées de prolectionni,me à oulrance étaient en circulation: les lentalives avaient élé nombreuses, de sévères mesures de prohibilion et les taxes douanières dirigées conlre lïmporlalion anglaise font leur apparition dans nolre histoire di's le XII' siècle. En il7!?, un décret de llenri Il stipule <1ueles draps fabriqués avec des laines anglaises seront brOlés. A daler du ri'gne de François l", des lulles de tarifs se mêlent à loutes les querelles poliliqnes entre la France, l'Angleterre. la Hollande et l'Espagne. En 1572, René de Birague,garde des sceaux, se montre partisan convaincu des mesur('S de protection. Les Etats généraux de 161', se déclarent fort hostiles à la liberté des échanges extérieurs. Sous Louis XIY, se développe la doctrine économique qui prend le nom de colherlisrne. el qui devail un jour on l'autre enranter les excès du blocus ronlinental. Et déjil. à cette époque, on sent s'exercer sur les gouvernements la pres- ~ion d'une opinion volontairement égarée: disons-le même il sa louange, Colherl fit preuve de clairvoyance en monlranl une certaine réserve dans l'api licalion de ses théories : il éprouvail quelque défiance ;\ l'égard cles commrrcants et industriels, si empressés à solliciter des mesures prohibitives. • Tons les éclaircisspmenls. dit-il dans une lettre adressée à M. de Saizy, que ,•ous prendrez près des marchands seronl mêlés de leurs pelils inlérêls particuliers qui ne Lendenl ni au bien général du commerce, ni à celui de l'F.lal' '. » liais la pente élail glisrnnle, et on s'y laissa d'aulanl plus enlralner que de l'au! re côté dn détroit les m~mes impalienls appélits se manifeslaienl. Lorsqu'en 171:1 un projet de traité de commerce, atténuanl pour les detl\ pays les me~ures restrictives, fut présenté au Parlement anglais. commerçants el industriels organisent une vigoureuse campagne contre l'enlcnrr pacifique. lis vont jusqu'à exploiter la crédulilé populaire. i\ menacer de fnmer les manufactures si le traité était signé. Dès lors le mouwement ne s'•rrHa plus: aux Etals générarll, les cahier, de Rouen el d'Etampes réclamaient la guerre contre l'Angleterre, plutôt qu'un t. Voir Amé, Lu tarifs d~ douane.

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