HISTOIRE SOCIALISTE cle..ail entraîner Napoléon à de si funestes colères. Birn d'autres raisons rlr,aient, hélas! contribuer à le jeter clans une poliliqne qui, il faut bien le dire, Nait trMlilionnelle en Francr depuis de longues années. La lutte enlrr !"Angleterre el la France avait commencé d<'s i688, lors de la r,éfo,te intervention de Louis XIV pour rélahlir Jacques Il sur 1~ lr0nr. Depui,, les (·pées n'avaient jamais ét~ définitivement remises au fourreau. La ll~~ue, Fontenoy, llastembeck, le traité rie Paris nc,.<i, qui nous enlève Ir Canada. Yurksto\\ n, llonrlschoote. Toalon. Malle furent les reprises les plus fameuses de ce duel gigantesque qui, commencé vers la fin dn wu• sièclr, laisse encore, après des fortunes diverses, les achersaires en présence à l'aube du x,,•. Conclue sans désir de conciliation, sans sincérité ni d"un côté ni rie l'autre, la paix d'Amiens ne pouvait avoir qu'nne (·phémère durée, le lemp;; seulement de reprendre baleine pour de prochains combats. El voilà qne de nonveau la lulle repr~nd, d'abord sournoise, puis à visage décourerl. Dès celle époque. Napoléon, déjà grisé par tant rie victoires, s'imaginait que le vol de ses aigles pourrait aisément franchir les mers, comme il avait franchi les Alpes, rt le camp de Boulogne devint le théillre où rut réglée la mise en scène d'une imniinente e,pérlition contre l'Angleterre : mise en scène pour laquelle aucun moyen ne fut négligé. ~e trouve-t-on pas au musée de Iloulogne-sur-:\ler un des modèles de la médaille qui rlevail ~lre frappér à Londres, aprrs la descente d'Angleterre. Elle porte d"un co·(• 11·1ctête laurér et, de !"autre, un Hercule Noufîanl un Antée entr~ ses hras, avec ces mots:" Desrentr rn Angleterre»; exergue: •Frappée;\ Londres en 180'<•· Tout avait été prévu, el le triomphe fut craulant pins bruya11l qu'il célébrait une victoire future. Hélas! celle victoire s'appelle Trafalgar, où s'engloutit notre flolle, cl les lauriers furent pour Nelson. Dès lors, il apparut à Napoléon que c'était une folle entreprise de prélendrn anéantir directement la puissance britannique, et l'idée lui vint de la rui1wr par contre-rnup. Subjuguer l'Europe tout enlière pour l'entrainer <lans une formidable ligue contre l"Angleterre, tel fut te plan rie grandiose démener qui va maintenant germer dans le reneau impérial. Là ne ,arrNaient d'ailleurs pa, ces rêves ambilieu, el fous. Plus ,runr fois, il exprima l'idée de reconstituer Pl d'Nendre encore rancien empire d'Orient, de porter ses armes jusque dans les lnrles et de ~·y faire proclamer César. Qur dis-je, César? Dieu! El le duc rie Ragu~r. dans ses .llhnoitrs, nous laissr entrevoir un coin bien curietn rie celle ltmP.insatiable. « J'en conviens, disait un jour l'empereur, en 180't, ma carrière est helle et j'ai fait mon chPmin; mais quelle différence avec l'antiquit(•. Yoye1, Alexandre! Après avoir conquis l'Asie el s·Nre annoncé aux peuples comme le fils dr Jupiter, tout Ir monde le crut •·
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