Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOCIALISTE 287 nationale un genre de marchandises dont l'Angleterre prohibe la vente rlans son intérieur parce qu'elle la reconnait nuisible à lïntérêl de $CShabitanls. • Sur la réclamation des fileurs èl fabricanls de loiles, on a doublé les droits à l'entrée des toiles étrangères. !llais alors des fabricants de toiles peintes, qui employaient des toiles étrangères, ont récl,1mé « et me11acenl la France d'ôtre privée de toiles peintes si le tarif de la douane n'est pas rétabli au taux où il était avant le 1" jour complémentaire de l'an xm ... La réponse des manufacturiers du département du Rhône au mémoire des fabricants de toiles peintrs du département du Haut-Rhin ... a victorieusement repoussé les réclamations. • Le système a consisté à prouver que, depuis le doublement des droits, les tissus de l'Inde n'ont pas augmenté de prix, qu'ils ont baissé au contraire dP 10 à 15 "/• en Angleterre et en Suissse, qu'il y a encore un stock de plus de 1600000 pièces à écouler, el que, par conséquent, une baisse doit encore se produire sur ces tissu~. Les fabricants de toiles peintes ne sont donc pas en droit de se plaindre. Par contre, les fileurs et Lisseur. sont gravement lésés si on lai$se envahir le marché par des toiles étrangères de prix inférieur. li n'y a plus de débouchés aux produits de la filature el • le <léfaul de vente des fils el toiles de coton français, en opérant la ruine des deux branches de l'industrie du colon, qui emploient le plus de bras, opère la ruine de plus de 50 000 familles indigentes, celle de tous les entrepreneurs qui les occupent." L'auteur du mémoire rappelle que déjà l'emploi des toiles d'origine anglaise dans les indienneries du département du llaulHhin avail détruit, dans le seul territoire rte Mulhouse, plus de 3000 métiers <1ui y tissaient en 1i86 et il s'efforce de prouver que l'industrie française peut fournir en très peu de temps au-delà des 800 000 pièces que les fabricants de toiles peintes impriment annuellement et qu'en tous cas les entrepreneurs d'indienne ont acheté en juillet, en Angleterre, de quoi fournir à mie année. La conclusion est qu'il faut prohiber absolument les toiles el fils anglais, et ce en toute confiance puisque: « i' l'expérience a démontré qu'elle est le moyen par lequel les fabrications de velours, bazins, toiles peintes, etc., ont obtenu en Prance leur rapide perfeclionnemenl; 2° puisqu'elle ne compromet en aucun point l'existence el les profits légaux de ceux mêmes qui réclament contre son établissement; 3' puisqu'elle concentrera parmi nous les nombreux millions donl nous nous rendons volontairement tributaires pour l'avantage de nos ennemis et que la circulation dans J'empire de ces millions aujourd'hui perdus pour nous augmentera nos moyens de travail ; 4° parce que l'Angleterre, noire ainée en industrie, n'est p,,rvenue que par cette mesure au degré étonnant où elle est de prospérité dans son commerce et dans son industrie, vraiment di sproportionoé avec r6tendue de son territoire et que. pour le dire encore une fois, elle prohibe chez elle, pour l'avantage de son industrie nationale, les toiles dont nous - empressons de nous fournir dans ses magasins quoiqu'elles soient le

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