288 HISTOIRE SOCIALISTE fruit du travail de ses colonies, que le transport en soit un des éléments de :;on commerce cl de ,a navigation, el c1u'elles soient achetées avec l'argent envoi é d'Anglelerre par une compagnie puissante qu'elle a cré•e, qu'elle protège el dont elle lire de grandes .ressources. » Le -18vendémiaire an XIV, les manufacturiers du Rhône envoient une adresse' à l'empereur el nous pouvons l'analyser comme suit. On importe en ~'rance 12 à 1 400 mille pièce, de coton de 1'i ou 16 aunes par an. Les 2/:~viennent des vente, annuelles (janvier-juilleLJ de la compagnie anglaise. Chaque vente expose 6 à 700 000 pièces. Celle de juillet dernier a été <leprès d'un million, d'où excès sur la consommation, baisse de 20 à 25 '/, el 1/4 invendu. HésullaL: rupture de l'équilibre entre les produits nationaux el les tissus étrangers, même malgré les droits augmentés. Le colon en laine à Paris coûte 3 francs lu livre. La filature el le lissage coûlenL au minimum 1, francs, ce qui met la livre, à Paris, à 7 francs. ,, La môme livre prise à Londres nous coûte 40 sous. En effet, la pièce de toile dite de Salempouri~, sur 14 aunes, soit 6 livres, coûte \J à 10 shillings (11 à 12 francs), avec les frais de voilure jusqu'à Paris et. le nouveau droit (ensemble 12 francs par pièce), la pièce nous revient à 21, fra11cs,c'est-à-dire que le colon que nous payons 3 francs en laine nous coûte tissu 4 francs, fourni par le commerce anglais. 14 000 pièces de toile de 10 à 16 aunes viennen l d'arriver de l'Inde en Angleterre (les droits pour ce convoi onl ra1>- porlé 6 millions sterlings à l'Angleterre), il reste de ia dernière vente 200000 pièces, dont le marché de janvier sera de 1600000 pièces. li en résultera une baisse considérable el • en mars prochain, la livre de colon tissu ne coûtera pas aux Parisiens plus que la livre de colon en laine. • Conclusion: les fabriques seront ruinées, 200 000 ouvriers se trouveront sans travail, s'il n'y a pas prohibition absolue. Cette adresse est accompagnée d'une lellre 1 dont l'auteur certifie l'exactitude des calculs avancés et ajoute que • la marchandise à Londres vient encore de baisser de 15 •,., soit par l'é!Tet du décret, soit par l'arrivée de leur convoi fameux et que l'on annonce pour la vente prochaine une surbaisse considérable. " Le signataire poursuit un e,amen très sérieux de la situation et nous donne des détails qui méritent d'être retenus: • Depuis la visite que j'ai eu l'honneur de l'Ous foire, écrit-il, j'ai parcouru les fabriques de Belgique, Picardie et Normandie. Je ne puis vous donner une idée de leur détresse. La cotonnade de Rouen baisse journellemenl, soit par le peu de débouchés, soit par la !misse des toiles de coton étrangères, et le colon en laine augmente chaque marché; ,i on pouvait fabriquer des toiles de coton, alors les ouvriers se diviseraient les genres d'industrie el ils pourraient vivre, mais que faire contre des tissus à 4 francs la livre, alors que le colon en laine vaut 3 francs it :1 fr. 10? Ce que l'on peul ajouter, c'est que, si la pénurie d'argent se fait 1. A1·chives nationales, FU 533. 2. Archives nationale!', id. loc. lettre de Rubicbon, négociant à Lyon, 20 Tend~miaire an XIV.
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