HISTOIRE SOCIALISTE 270 à Napoléon au cours d'un voyage qu'il fit dans leur ville et ils obtinrent la loi du 18 mars 1806. Il ne faudrait pas se hâter de voir dans l'institution nouvelle une marque particulière du libéralisme impérial. On retrouve jusque dans leur création celte méfiance que nous avons reconnue être la caractéristique des sentiments que Bonaparte nourrissait à l'égard du prolétariat. Les prud'hommes devaient bien juger le, contestations soulevées à l'occasion du travail, ils devaient bien concilier, dans la mesure du possiblr, les patrons et les ouvriers, ils devaient bien veiller à l'observation des lois rt règlements, mais le législateur, inspiré par la bourgeoisie possédante d'une part, dirigé par la volonté du souverain autocrate d'autre part, eut soin d'écarter les ououvriers du n,rnveau tribunal. Les prud'hommes, au nombre de neuf, devaient compter cinq fahricanls et quatre chefs d'ateliers, c'est-à-dire uniquement des patrons. Les Conseils de prud'hommes, néanmoins, demeuraient un instrument perreclible de justice prolétarienne el c'est pour cela que nous devons considérer comme heureuse, l'initiative de la chambre de Commerce de Lyon 1 • Le Conseil général du Commerce ne laissait pas aussi de travailler utilement à Paris et certains exemples prouvent ~on activité. C'est ainsi que nous le voyons• étudier un vœu de la ville de Valenciennes• pour raire mettre à sa disposition des mécaniques propres à filer le coton, appartenant au gouvernement et qui depuis plusieurs années sont inactives dans la ville de Dunkerque. Elle indigne un édifice capable de recevoir le dépôt de mendicité de tout le départemen . mesure ajoule--l-elle qui rournirail un moyen d'utiliser des bras dans les différentes branches de ses fabl'iques. • Le rapporteur se montrait favorable à ces vues, mais un membre a fait sentir que ces concession,, en donnant un trop grand avantage au, fabricants qui les auraient obtenues, éteindraient nécessairement l'émulation et décourageraient l'industrie; que même elles n'alleindraienl pas leur but; qn'il fallait vendre el non donner. Le rapporteur demanda alors à présenter nn autre rapport. li le présenta à la séance du 3 thermidor an XI. li conclut : 1° que l'abandon d'un bâtiment pour les s11llesde travail des pauvres de Valenciennes est de l'allribulion des secours publics el pourra servir à la répression du vagabondage, etc.; 2' que le premier apprentissage de mains inhabiles el cl'Mres fainéants ne peut entrer dans les calculs d'établissemen ls de manufactures nouvelles parce qu'il se lie nécessairement à trop de déchets, pertes de temps, etc.; 3• que ces ateliers de charité, régis el surveillés avec zèle, n'appartiennent point à la classe des établissements commerciaux duot ils sont même essentiellement séparés.; 4' que la demande de la cession gratuite d'un édifice et cle l'abandon, au profil de la ville de Valenciennes, des mécaniques en dépôt à Dunkerque, ne se prét. Voir Pariset : Hi,toire <U la. Fabrique lyonna--i,e. Des conseils furent établis en 1806 à Clermont d1 l'llerauh, en 180i à Nîme1. 2. Arclain1 aatâonale1. FU• t92A, :.:, me11idor XI et 3 thermidor XL
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