IIISTOIHE SOCIALIS'l'I\ forr,•s cl,• fl'rmer leur, l,outiqt11•s. Des agents sùrs onl parcouru aujourd'hui Je faubourg :llarrc•au el ont dernand6 à plusieurs boulangers, qui n'av.dent plu, de pain, pou1\ 1uoi ils n'étaient pas po11r1us; tous onl 1rpo11du qu'on ne pou,·ait donner pour 1:1sols ce qui en (oul1il plus de H, et on n'aura il pas dù rejeter leul' péti lion. » Les bulletins de police rédigés au sujet des subsistances ne tardhent pas à Nre rédigés sous la rubrique: ,lgitation. Le :l', fructidor, voici ce qui nous lisons: « Dès le malin, on se 1·asscmhle chez les boulangers; 011allend à la q11e11r·1e pain que chaque fournée doit produi,·e. li en résulte naturellcmcnl u1w plus grande consommation par~e que chaque famille, craignant de manquel', s'approvision11e pour plusieurs jours. La consommation s'augmcnlc encore I ar les C\JJorlations' ... On remarque beaucoup plus de femmes qut• d'ho111111cdsans les rassemblements. Leurs menaces contre les boulangers so11t plus hardies. Quelques-unes se sont permis de dire qu'il J'allai! abattre une ou deu~ tt'lc, pour faire peur aux autres, Plusieurs boulangers onl fait tous leurs elforls po•H· se tenir approvisionné,, onl rui une ou deux fois de plus dans le jour. D'aulres, et mênw les plus 1·ichcs, se hornenl à leur dislribulion habiluelle et ont soin d'en assurer la lotalilé à leurs pratiques au,quelles ils vcuclenl les ', livres 14 sols mus éprouver aucune difficulté; mais ces !il raiso11s parlicllcs absorbant les journ(:es de ces boulangers, il ne resle rie11pou,· le public. Quelques mJlveillanls insinuent que si le pain est de1•enu plus rare, c'est parce que le goul'cmemcnt a per1nis l'exportation à l'élranger d'une gra11de quantité de blés. Mais les plainlcs sont généralement dirigées contre les 1.ioulangers et les propriétaires de farines. On a dil souvent que, pour excilcr u11cémeute, il suffirait de préparer une disclle faclice. Jusqu'à 1,résent, les nts$emulcments 11c paraissent pas séditieux el pourr~ient difficilemenl le del'e11ir, parce que les raclions soul éteintes, les agitateurs sans moyen,. La su11cilla11ce esl continuelle.» Le lendemain, l'agitation persistait et paraissait milme s'aggraver. li fallut, pour la faire cesser, que le gouverncmenl con,enlll à laisser les boulangers vendre le pain à 16 sols les '1 lill'es jusqu'à concurrence de :J cuissons. En participa11t à leur perle, il obtint qu'ils livl'el'aienl les cuissons supplémentaires pour J:J sols. Des farines tenues en réserve dans les maga,ins mililaires furent mises en circulalion el ainsi la place put être approlisionnée. S'il y eut diselle ou comme11cemenl de disette, il est cerlain que cela Iieot, d'une part, à ce que les appro,•isionneurs ne tenaient pas leurs engagemenls et spéculaienl sur la faim du peuple el, d'uulre part, à cc que l'étranger, et eu J.tarticulier l',\nglelerre, attirail des l.ilés hors ùu lerriloire. Dans la Brie, les guinées abondaienl et le blé s'enle,ait à tout prh 2 • lleruadulle écrivait de l'Ouest que l'exportation par les côtes élait continuelle el que les culti,aleurs, ne conoidérant que leur béné1. Cf. avec le bulletin précédent. 2. Archivé~ Nationales. F; 3:302.
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