Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOCIALISTE l'hôlel de ville, pour réponse aux haran1-;ues émues, il parle du climat: « Qu'il y a de la boue dans ce pays'. » Puis brusquement: « )les,icurs, il me faut pour demain Lanl de blé, tant de riz. » A quoi il ajoula une parolç terrible, qu'on a rapportée diversement, mais qui se1·ra le rœur: • Point d'excuse. Sinon. je vous laisse au b:l.lo11russe. Je met• le reu el je m'en VèlÎS ! n La Pologne lui donna du blti. rlu riz. des hommes, mais elle n'évita ni le b:l.lon, ni le fru. Les !lusses, sous Ir commandement rie Bennigsen el rie Kam~nski, avec l'appui d'un cor,>s prussien sous L0 slocq, s'avançaient rtans les va,tes plaines parcourues par la Narew el ses amuenls Ornulef, Orzrc, l"kra. li s'agis,ail de les refouler au nord. Cc ful f"rlfel d"une série de rombats g-a!l"néspar IÀ"lnnes il Czarnowo, par Ney à Sol<lr.11p. ar Davout à Golymin, par Lanne,, encore. ,\ r•ullmk (décembre 1806J. Les troupes rlaienl lasses, la boue, ce« cinquième élément» rli,ail Napoléon, gardait pour loujom; les blessés, recouvrait les cadavres N retenai Laussi, clans un enli ,emen l effroyable. les malheureux épuisés par les marches, par la faim, par la lulle. IP.froid, la pluie, la neige. Sur J,, sol mouvant que ses soldats venaienl de con1p1érir, c·est-à-dire PnlrP Oslrolenka el Varsovie, Napoléon ré,olul d'atlcnrlre que l'hiver ful fini. Du reste. le maréchal Le(cbvre as-i,tè de Chasieloup-Laubal el de Lariboisière faisait av!'c ',0000 hommes le sii'ge de Dantzig, et il convenait assct à l'empereur ù"allenrjre !., fin rie se.s opérations pour reuforc<'r ses troupes al'ec celle armée. )lais soudain. en plein hiver, Bennigsen se précipite sur les cantonnements françai,. llernadolle, assailli ainsi à l'improviste, lient pied à Mohrungen, Napoléon accourt el ,cul aller se po,tcr derrière Bennigsen pour lui couper la retraite, mai:; celui-ci pr,•venu peul 1·élrograder sur Kœni~berg. Le 8 lëvrier i80î, Napoléon rejoint les l\usses à Eylau. (;ne épouvantable bataille s'engage au milieu ùe la neige, 1111 massacre odieu~ labse ,ur la glace des élangs, parmi la neige sanglante, 'tOOO•1J iclimcs tant rnsses que française,! Napoléon avait failli ôlre enlevé par la ca,alerieennemie près du cimetière d'Eylau. )!urat, Davout et :-ieyav~icnt as,ure une victoire qui laissait les Français maîtres d'un • champ de cadavres "· Ney ayant rejoint Napoléon et considérant la boucherie humaine qui venait d'être faite, haussa les épaules el dil: « Toul cela pour rien! • - )1. Bonnal, nous le savons, dit, avec plus de philosophie : • C'est la guerre' 1 » ëylau secoua l'Europe. Les !lusses en tlrenl une victoire et l'on désirait 1. 11 y eut à Pari,, au mois de mai, une .. e.r,positi&,i d'esguisst-s de la bataille d'E'ylau ,. el voici a 10n sujet une note lnèdile de Lacretelte: .. Le public s 'c=stporté avec intcrti" à la salle où 1ont exposMs les e1qui11es du champ da batailtl\ d'h:ylau. Les artistes y one. accumulé 1,1,us let genres de mutilation et Loute!I les variutés d'une vaste boucherie comme sïls eussent •u à peindre prUiaément (,ic) un~ seéne d'tiorreur e1 de caruage t1L à rendre la guert·e ei:é• crable. A cet.te impression géoérale s'est. joime l'tdée particulière d~s dangers auxquels S. li. a '" HpOlt!e dans cetLe journée. Quant au traa du soldat russe qui promet de se faire tuer pour l'empereur Napoléon comme il l'a fllÜ pour l'tmpereur Alexandre, on a cherché 1a nuance d'bé· ro11m1 et. d'int.er6t. qu'il poanit. présen1er et J'espril, françai1 a repùussé natureHenient l'cspreslÎOO da. aentiment. d'un supendlé d non d'on nai 1olda1. • Archives ~a.tionales tr :Jild.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==