Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HIS'l'OlllE SOCIALISTE dil, que Loule marchandise provenan l de la fabrique anglaise ou de colonies anµlaises sctail confisquée, en c1uelque lieu qu'on pùl la saisir, que Loule lettre vrnne cJ'Anl(INerre ou deslinée à l'Angleterre serail délruile, que tout Anglais arrdé serail traité comme prisonnier de guerre. que tout hàliment convaincu d'avoir louché aux côtes d'Angleterre ou aux colonies anglaises ne serait, c1uelle que fut sa nationalité, reçu dans aucun port el que, s'il y, entrait sur une fau,,c déolaralion, il serait considéré comme étant de bonne prise'. • li appartiendra à notre ami Tu rot ile mellre en relief l'importa11ce de cette !ol!e mesurc• c1uidevait ruiner le pays, enrichir l'empereur, ses parents, ses alliés, se, généraux devenns Lous entrepreneurs de conlrebande. I.e décrel de Berlin <lomine toute l'histoire rie l'Empire à partir de i80ï. Pour assurer rnn exécution, Napoléon a élé conduit aux pires mesures, 1our se ,oustraire au fardeau qui pesait sur eux, les peuples onl été conduits aux mouvements les plus désespéré~ et Ir rêve de gloire universelle s·e.,t effondré lamentablemenl: la France a été écrasée, des milliers el des milliers de vies humaine, onl élt' cl,·lruiles, de, dlles onl élé brûlée,, ,accagées, des richesses de toutes.rnrles anéanlies, en grande partie parce que l'Europe asservie n';11ail pius'de sucre, plus de chantlellt>, ()lus de colon ... Le blocus continental, qui ruinait l'Amdcterre, a vaincu Napoléon. Le fait seul que c'est de Berlin que l'empereur datait son décrel fameu.x monlre assez qu'il ne rnngeail guère à cesser la lulle. li songe au contraire c1ue d'aulres ennemis l'allenùC'rll et, tandis qu'il regarde avec envie les riche~ses entassées par le commerce brilanflique dans les ports allemand,; et pense à s'en saisir, il ,e retourne ver, la Russie où il y a tant el tanl de terres à conqui•rir. Il ,c mit c•n marche ,ers la Polo!(ne, en plein hiver. Les soldals, an travers des plaines boueuses el 11,arècageuses, avançaienl péniblement Le, Polonais, la»és el lurlurés par un long e,cla,agc russe, acclamaient l'empereur. lb commellaient à leur· tour l,1 taule française : par derrière Napoléon. par de"us lui, ils acclamaient la Révolulion. lis croyaient que le liuerall'llr s·a,ançait ,ers eux. Ivre, de liberlé, ils se ruaie11t dan, le,; bras du l)ra11 comme a1aient fait les Français républicaius el révolutionnaires. Napolèou se ,ouciail peu de la Pologne et il « ne craignait qu'une chose, c'esl l'enthousiasme qui le !orcerail de se prono11cer. » Notre Michelet a retracé avec une vigueur ,aisis,anle l'altitude de l'empereur en face des malbeureu, Polonaio qui l'acclamaient à la suile de Dombr0\15ki. "Il arrive à Varso,ie, dit-il', comme un coupable, dans l'ombre d'une ,oirée d'oclobre 3 • Vu aux flambeau,, il èlail. non plus le llonaparle jauni e1 lravaillé de flammes des grandes batailles d'Jlalie, rnais hléme et qui déjà tournai là la graisse pâle. Tous pleuraicul. Lui, il passe, ,ombre, silencieux. Descendu à i. LBVASSEUk.. lli.1toi,-e de$ Claues ouv,-1ëns t't dt l'Indw.stJ"U u, Fra,ac-e, de 1789 a 1870, t. l, p. 410 de la te édition. 2. ~l!cuELBT. llistoire du XL\• siècle, t. Ill, p. 219-2"20. 3. Le 19 decembre 1806. Murat. y était depuis la Wl nonmbre. ,

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