Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOCIALISTI<; certaine, c'esl que lés Français seraienl balayés à la première renconlre. En attendant, les troupes élaienl embarras~ées 1>arune mu llitude de bagages, el ne receYaienl pas les ralioas nécessaires 1t leur subsistance, lant le désordre étail complet. Napoléon, sans hillc apparenle, réunit en Franconie liu 000 hommes cl, selon sa tactique habituelle, au lieu d'allcndre le choc prussien, il pousse ,ilemenl son attaque, el, landis que Druns\\ick l'attend au nord-oue~l, il descen1I au contraire au sud-esl, pour remonter vers l'armée de Hohenlohe qui est la plus faible, la déborder si possible, el menacer Derlin. li débouche en elfel rn Thuringe pur le:! défilés du Franke1111ald, Soull el ~ey formanl sa droite, Dal'oul, Dernadolle et Mural tenant le centre, Lannes el Augereau se rahaltanl parla gauche sur les positions prussiennes de Saalfcl<I. Le centre français avait déjà refoulé le corps prussien de Tauenzien à Schleitz, lorsque L:rnnes remporta la victoire de Saall'eld, où rnour ul le prince Louis de Prnsse, vicloirc qui inslallail les Français sur la Saale, el apprenail aux Prussiens que Napoléon allail, par le nord, les enl'er,11er en Thuringe, les couper de Berlin, el les écraser comme .\tack avail élé écrasé à ülm. Le roi FrédéricGuillaume etle l'ieux duc de Brun:l\\ick tinrent conseil pendanl neur heures pour savoir ce qu'ils devaienl l'aire. lis 11epouvaient, selon toute évidence, que venir en hâle joindre Hohenlohe pour arrêter la marche de Napol~on. Ils se résolurent donc à abandonner la ligne Erfurt-Eisenach pour gagner Weime1r. Il élail trop lard : Uavout les arr/\la à Auerslaedl. Napo1.;on, en elfel, s'étant avancé jusqu'à Iéna, s'était trouvé en con lact avec l'armée de Hohenlohe, qu'il pensaitêlre la principale armée prussienne, aussi a1<1il-il fait ses plans pour l'accabler cl la réduire. Dans ce but, il avail détache Davoul el Dernadolle vers le Nor I avec mission de revenir sur Iéna, c'esl-à-ùire de prendre Hohenlohe enlrn deux feu.,. Or, en réalilé, Davoul se lrourn en présence des 60 000 Prussiens qui, sous Bruns\\ ick el le roi, rélrogra,laienl sur la roule de Berlin. li y eut donc, le 14 octobre 1806, deu~ batailles. A Iéna, Naµoléon, secondé par Lannes, 5oull, :'\ey, ,\ugereau el ~lural, écrase le corps de Hohenlohe qui ne ;avail pas clu toul al'Oir affaire à l'empereur. A Auerstaedt, Darnut seul - car Dernadolle lui relusa ses services el se retira à Dornburi,:- - a\'ec ~'6000 hommes com111andés par les divisionnaires Gudin, Frianl, lloran(I, lienl tille à un ennemi infiniment supérieur en nombre el, par des rue,ures stratégiques très remarquables, remporte la l'icloire décisive'· C'esl à Auerstaedt que Bruns\\ ick fut frappé il morl. Frédéric-Guillaume, en retraite, ,oulul rejoindre Weimar, mais Da\'Oul, qui pensait que Napoléon o'nançail, poussa devant lui vigoureusement l'armée qu'il venait de balt,·e. Soudain les fuyards d'léna rejoignirent les fuyards d'Auerslaclil, el ce ful l. Let Pru11ieu1 perdirent 2t lXX) homme, le H oct.obre.

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