Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOCIALISTE une mi·lée inse,asée. unedéuandadcexlravnganlc dïlù:nmes 1alides désarmés el de hlessés, de canons el de hagages. L'armée prussienne s'anéantissail clan, la débilcle. ~apoléon passa d'abord sous silPncc la bataille d'.\uerstaedl q11'iln'avait pas prévue, el il la réduisit ensui le au rang d'un simple épisode, n"accordant à Davout le Litre de duc d'Aucrslaedl que plus tard, lorsqu'il n'r11t plus à craindre, scion le mot de 1lichelet 1 , d'être diminué aux yeux rit> l'armée par cc suc c1's. L'occupation militaire de la Pru»e se fit sans aucune difficulté et, au témoignage de Lous les historiens, les vaincus accablés laissèrent rnns résistance les vainqueurs user de leur victoire avec une indilférence el un découragement sans égal.,, Le lendemain ù'Jéna, écrit M. Denis, 8000 soldats capitulèrent à Erl'url, sans essayer de résistance; Kalckreuth, qui dirigeait la retraite sur Magdebourg, ne parlait que de se rendre a,·ant d'avoir aperçu les Français; le, hussards de ~lural enlevaient les forteresses de Slellin el de Cuslrin, et Magdebourg, le do11jon de la mo11archie, avec une garnison nombreu,e el des re,;sources considérables, ouvrait ,es portes à la première sommation'». ~apoléon fil à Berlin une entrée triomphale le :!7 octobre et son armée pul défiler dans les rues de la ville au milieu d'u-oe foule qui se pressait curieusement, sans haine. Les journau~ s'occupaient de l'empernur, notaient :;es muindres faits et gestes. Les LhMlres n'étaient point fermés. li n'y avait pas de deuil. Peul-êlre même Xapoléon aurait-il pu tirer parti des sentiments de surprise arlmiralive ou encore d'abrutissement qu'il inspirail alors à la natio11 prussienne. li aurait pu arrêter la guerre, il aurait pu tempérer la 1ictoire. Il ne songea au contraire qu'à accabler les vaincus; il lui semula qne le peuple prussien serait taillable ~L corvéaule à merci, il fit Lanl el si bien que sa domination ellriinée fut prise en horreur el que le roi même, qui ne demandait que la paix, fut acculé à ne songer qu'à la guerre. Les soldats français répandus sur l'.\llemagne réquisitionnaient, volaienl, pillaient. Les adminislratenrs français venus de Paris levaient des contributions de guerre, percevaient les impùL;;, pressuraient les riches elles pauvres. li fallait i, l'empereur des hommes pour les envoyer se l'aire tuer, de l'argent pour lui, pour ses maréchaux, pour les fournisseurs. Jérôme Bonaparte attendait un royaume : il fallait le lui trouver el, pour cela, déposséder des prinres. Le délire du pouvoir gagne de jour en jour plus de Lerrain. De Berlin, Napoléon parle au monde enlier. Les bulletins des armées remplissent l'Europe de stupéfaction. Le :21 novemlJre 1800, un acte gigantesque, destiné à bouleverser l'é~onomie de Lous les peuples e,l promulgué. Par lui, l'empereur ordonnait à l'Empire fiançais, au roraume d'llalie, à l'Espagne, à Naples, à nome, à la Toscane, à la Hollande, à l'Allemagne 3 ùe se fermer à 1. .Micbell't, 1/istoire du .. Y.IXe sièck, lll, 210, not<'2. 2. J)g,1~. L'Allemag11e, 1i89-IHIU, p. t;:,o. 3. Et au Danemark1 allié de l'empire.

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