Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

lllSTOII\E SOCIALISTE dï,w,,e, ,rmblah:c it ces femmes avilies qui se donnenl de préférence à celui qui le, méprise cl les violeule 1 . » Con,lalanl qut•, • parmi les nombrenx extraits d'adresse, publiés. par le J/o111fr11r en germinal el en floréal an XII cl qui émanaient de prérels, de maires, d,• co11~eils générau,, c·esl-à-dire de fonctionnaires nommés par le f;Ouvernemrnl, il en esl fort peu où l'établissement de l'l~mpire soit formellement demandé », citant ru6me le cas du conseil général du Jura el celui ,les autorité~ de l'Isère qui demandent des inslilutions libérale, el repoussent l'accroissement de pouvoir, M. Aul ord conclut : • On ne peut pas dire que la :France, même par la voix des agents dl! gouvernement, ait demandé Je réta1.Jlissemenl du lrône au profit de Bùnaparte, ni surtout qu'elle se soil ruée clans la senilucle '· » La France ne s'esl peut-être pas «ruée» dans la servitude, mai, elle n'a fail guère moins. Elle n'a pas demandé l'Empire, mais elle a désiré que Donaparte fil tout ce qu'il lui conviendrail de faire pour ;'assurer Je 1,ouvvir délinilil'. La France ne conce,ail qu'un trône: celui des Bourbons. Elle ne croyail pas que Bonaparte avec la couro11ne équivaudrait à Louis XVIII, elle pemail même exaclemenl le co'ntraire, et cela parce que Bonaparle avait toujours répélé quïl était l'homme de la Révolution, parctl qu'il venait d'être en butte à une conspiraliùn émanée de l'ancie11ne famille régnanle. Bonaparle empereur, c'était la Révolution couronnée. Si m,,nstrueux que cela nous paraisse, il faul bien en convenir, c·esl ainsi que le peuple français a raisonné el, landis que les royalistes, les épaves de l'ancien régime, les émigrés renlrés, les bourgeois repus et rassurés, les arrives·, les satisfaits, acceptaient l'hérédité du pouvoir comme une garanlie de retour à une forme de gouvernement monarcbisle cl conservateur, le peuple des ouvriers el des vrolélaires, trompé, ;éduit, entrainé dans la plus folle erreur, étail prèl à tou l recevoir de Bonll.parte en haine des Bourbons el de l'aucieo régime, avec l'assurance qu'il lravaillail encore pour la Révolution. Le :!3 avril 180',, le tribun Curée proposa un vœu tendant à ce que « Napoléon Bonaparte, actuellement premier consul, fùl déclaré Empereur des Français et à ce que la dignilé impériale rot déclarée héréditaire dans sa famille. • JJonaparte réunit aussitôl ses plus fidèles serviteurs en comité privé et, comme on paraissait devoir y discuter, il déclara que l'armée était prête à trancher tout débal par ses haïonnelles, et il repoussa tous les conseils, ,oulant seulement une solution ferme qui devail lui donner tout le pouvoir sans aucune condilion. Le 2::;avril 1804, après une leltre du premier consul, le Sénat nomme une commission qui demande aux sénateurs leur avis individuel el, pendant ce temps, le 'l'ribunat discule la molion Curée soutenue par tous les lril.Juns. Seul Carnol protesla en termes élogieux pour Bonaparte el en déclarant qu'il était prèl à se soumellre. La motion Curée ful doue 1. O. c., L. Ill, p. lf,8,169. 2. Jli1toire JJulitique de la Réuolution fran(aile, 712, note 1.

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