Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

111 STOIR E SOCIALISTE juri, ear u11 ,i·rrntu~-co11,ultc du :..'8 février préci•dent avait suspendu les fondions rlu jury • pendant le cours de l'an Xll H de l'an XI Il dans tou~ lPS di•p11'1,•rnent,rie la llépuhlique, ponr I<' jugement des crimes de trahison, rl'allentaL contre la personrw rlu prt'mier consul. el autres contre la sùrolé inlél'i<'Ur<'et r~térirure de la Hépnbliquc •, mais devant un tribunal sp11cial. )lon•au avait auprès de lui, sur le banc d'accu,alion: Cadoudal, llivière, Polignac, et c1·autres chouans. Il fut démontré qu'à aucun moment ln rnin- !Jlreur de llohrnlinrlen n'avait songé ù ramener les Bourhons; toute la lramr de la conspira lion rut mise i1 jour. en ~orle que l'on I it bien que tout repo- ~ait ,ur la seule arlirmation de Lajolais déclarant sans auruue preuve que ~loreau était prt'l à marchrr 1>ourrétablir la royauté. Moreau ne cacha pas cependant qu'il n'était point partisan de la politic1uede Bonaparte : • Quand j'ai vu, dit-il, le~ fruclidorisés à la tête cl<'s autoriti•s de I f.tat, quand l'armée de Condé remplissait les ~alons de Paris el ceux du premir•r consul, je pouvais bien m'occuper de rendre à la France le ,ainqur•ur de la llollande! • Cr n'était pas là précisément le langage d'un homme prêt a s'as"Orier au\ royalistes. li apparaissait bien plutôt comme l'accu-ateur de Bonilparle, et c'est contre le consul qu'il retournait l'accusatiorr dirigée contre lui-m~nw. ])'ailleurs, les interrogatoires cl surtout le;plaidoyer modeste, mais plt•in de grandeur, que prononça le général frappèrent ,i vivement ,es juges, pourtant prél'enus contre lui, qu'ils votèrent son acquittemrnl. llonaparte voulait ~a mort. Au courant de ce qui se passait dans la ~aile oit les juges délibèraiPut, il donna l'ordre de poursuivre la délibération. Lr président llémard <ibèil el insiste pour obtenir une condamnation. Lecourbe s'insurge contre celle violence. Bourguignon, un autre juge, propose l'ini•,ilable et honteuse solution que nous connaissons bien: condamnation avrr rirconstanus a11énua111r.~ ! c·c,t de la sorte que Moreau ful frappé de deux an~ de prison; rl il disait en parlant de celle peine: • S'il ètnil constant qui• j'a,ais pris part il la con~piration, je devais Oire condamné à mort comme Ir <'her. Per-onne ne croira que ÏY aie joué le rùlt' d'un caporal'!» Cadoudal et 11 arrlre, rhouans condamnés à mort furent i:uillotinés le 2~, juin iSO't en place de Grève. Bonaparte res~cntil de la faible condamnation dr Moreau unr vive colère t'l, voyant un Jour au\ Tuileries le jui:e Lecourbe qui avait refusé decondnm· ner Ir i:énéral à une peine quelconque s'avancer dans une dr\légation de la cour de Paris, il alla vers lui el s'écria : « Comnw11l avez-vous osé souill<'r mon palais dr votre présrncc? Sorte1., juqr prharicale11r, sortez 1 • Voilà comme Bonapartc comprenait la justice '· L Le gou•ernement proposa à ,,.,. :\lore•u la commutation des deux aa1 de prison en exit pcrp~Luel, CC' qui fut accepté par la femme du g6ntra1 qui • uemblai&,di&LanCreyque IOD tnarj n"èprou,.,,, Je sort de Pichegru •· 2. Ajoutons qu~ le marqui1 de Ri•i~re. Polîcnac, d'Hodtr, de Loaier, de NeaTille obùnNn t. leur ~r,i.ce. lia tt.aient tous Jrf'nhh•hommes.

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