HISTOIRE SOCIALIS'l'K 1!li premiers parmi les chouans. Mais il manquail encore, pour que sa ve11gea11ce fut complète. un représentanl de ces Bourbons qui n·avaient pas voulu se d6mettrc en sa faveur de leurs pr6tcntions nu trône. C"est en vain qu'il avait attendu Je débarquement du duc de Berry, c'est en vain qu'il avait ospér6 dans la venue du comte d'.-\rtoi~. Et pourtant il lui !allait un llourbon quelronque pour frapper à son tour le« coup essentiel». li y a rait précisément à Ettenheim. sur le territoire badois, le duc d'Enghien, pelit-flls du prince d,• Condé. Il résidail là depuis rleùx ans, absorbé dans un roman rl'amour a, ec la princesse Charlotte de Bohan. La proxi111ilé de la Forêt-Noire lui permellait de satisfaire sa passion pour la chasse, et il vivail loin de toutes les conspirations, attendant seulement cl't'lrr désigné pour servir dans un corps. d'émigrés. Le policier lléhée de la 'l'ouche l'avait désigné comme ayant des entrevues suspectes avec des orficiers de l'armée de Cond6. Une enquête confiée au maréchal des logis de gendarmerie Lamothe apprit à Bonaparte que le duc d'Enghien avait auprès de lui Dumouriez. li s'agissait, en réalité, du génfral 'J'humery, dont le nom mal prononcé avail paru à Lamothe êlre celui de Dumouriez. Il n'en faut pas davantage au premier consul : il entre dans une violente colère conlre Réal. chef de la police, cl contre Talleyrand qui, par leurs agents, n'ont pas su le grand danger que pouvait lui faire courir le duc d'Enghien. La perle de celui-ci est résolue, cl, le J;:i mars, un détachement de dragons commandés par le général Ordener passe le Rhin, viole le territoire badois, el \'a enlever le duc rl'Enghien. On arrf:to les personnes qui sont chez lui: 'l'humery, le colonel Grunstein, des prêtres et· des domestiques; 011saisit tous les papiers. Dans le même temps, Ir f!énéral de Caulaincourt opérait à Offenbourg el arrêtait quelques émigrés. Le duc d'Enghien, amené à Strasbourg, fut sans retard dirigé sur Paris, où il arriva lo ::lû. On n'avait rien trouvé de compromettant dans ses papiers, et Je commandant Chariol, qui nvail reçu mission de les d6pouiller. put affirmer au comte de Ségur que• dans toute celle correspondance saisie si iaopinémenl, aucun mot, aucune trace de connivence du prince avec le romplc>l de Paris ne !ure.nt trouvés 1 ». Quant à la confusion sur le nom do Dumouriez, elle Culvile ét11blie. Mais il ne s'agissait pas de justice à rendre, il s'agissait d'un coup à frapper. Enghien n'esl pas encore dans Paris que tout est prêt pour son exécution, son cachot est préparé à Vincennes, ses juges sont choisis. son interrogatoire est dress6, la sentence rédigée, la fosse même dans laquelle on doit l'enterrer est creusée'! Sans retard, une commission militaire. présidée par le général Hulin, statua. :« Ces officiers, habitués à voir fusiller ries chouans et des émigré~, n'y firent nulle différence•». et, à 0 heures du matiu, le 21 mars, le duc d'Enghien était fusillé dans les t. Mémoiru de Ségur, t. II. 2. Voir Wel1chinger, .U duc d'Rnglü~,1. p. :nt. a. Michelet, Histoire du 111.• .ritclr, Ill, tr,
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