100 111S'!'OIHE SOCIALISTE llo11aparlc, qui dirigcail les manœuvres de ~léhée de la Tour,he, élait au coura11tde ce qui se disait el de ce qui se faisait. Que vaut dans ces conditions l'affolant tableau que nous devons au laient de M. Masson? La vérité, pour être moi11s dramatique, n'en est pas moins intéressante: ce que veut Bonaparte, c'est la compromis~ion définitive de Moreau cl le débarquement d'un Dourbo11, qui sera tout simplement arrèlé au moment de son arrivée. Si la police ne quitte pas ~loreau, elle veille aussi sur toutes les roules de Normandie el Savary. futur duc de novigo, est « en sentinelle au pied de la falaise de Biville'"· Pendant ce temps, on arrMe cl on fusille quelques individus suspects, on interroge aussi et on o!Jlienl des renseignements souvent contradictoires, mais c1ui monlre11t toujours qu'il y a « quelque chose •· Enfin, comme rien do décisif ne se faisait, l'énervement gagne le c-onsul. C'est le moment, où, après l'interrogatoire du royaliste Bouvet de Lozier, qui a déclaré que les Bourbons avaient cru au concours do ~loreau, mais que celui-ci avait refusé ses services, la police a définitivement arrêté les lignes générales du complot. Pour les poliéiers, la conspiration « parlant do la Bretagne et de la ~ormanclie, s'étendait jusqu'à Strasbourg, )lunich el StullgHrl. Pendant que Georges chercherait à enlever le premier consul, les jacobins, allié; aux royalistes, devaient soulever Paris, le d11cde llirry agiter la Bretagne et la Vendée, .Moreau et Pichegru prendre la direction tles corps d'armée de l'Est, el le duc d'Enghien enlrer en !'rance à la tête d'une troupe d'émigrés rassemb1'\s sur le llhin. On ajoutait que la llussie se montrait défavorable à la France, que l'Autriche armait et que la Prusse allait bientôt l'imiter'· "Le 14 février 1804, Bonaparte fait arrêter Moreau qui est mis au Temple. Pichegru el Cadoudal sont cachés. Bonap.,rte furieux, el alors véritablement pris de peur, car, le premier coup ayant été frappé par lui, ses adversaires n·onL plus rien à ménager el il peut tout craindre d'eux, demande el oblienl ùes mesures extraordinaires : une loi édicte la mort contre quiconque abritera Pichegru, Cadoudal ou leur:s complices, et six ans de travaux forcés contre quiconque ne dénoncera pas leur retraite, la connaissant. El c'est alors que la terreur, doul parle M. Masson, ,'épand sur Paris, non pas qu'elle vienne du peuple, mais au contraire issue du pouvoir même qui fait fermer les barrières el viole les domiciles. Le :!8 février, Pichegru est livré; Je 9 mars, Cadoudal esl arrôlé rue Monsieur-le-Prince, non sans avoir tué un agent et en avoir blessé un autre. Les Polignac, le marquis de Rivière sont saisis. Bonaparte tenait avec Moreau lt: plus marquant parmi les derniers républicains de l'opposition; il tenait, avec Georges el l'étal-major royaliste, les 1 Chassin, La Pat·ification, de l'Ouc.st t. Il[, p. 738. 2 \Vel,cbinger. L· duo d'Etighû:,i, p. 2:)6. - Le gouterneutenl françai1 publia en 180'1un libelle de Méh~e de la Touche, intitulé : Allia,ice enh·e le, JacofJiru français et le11minüi,·e.s anglais, ou l'on voil. la part de la police française dans le plan priouLir de la conspiraûoo.
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