Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

l&l JIJSTOlHI, SOCIALISTE invincihlt' de la presque unanimité des Français à être désormais gouvernés par l'un d'eux •· Derrière toute celle manœuvre, il ne faut voir que la pensée de Bonaparle qui veut, en quelque sorte, fairr place nette et dire le jour où il prendra la couronne : « Je la liens à la fois du sulîrage de la nation el de la main de ses anciens po,~esseurs. Je suis héritier du droit divin et (•lu du peuple.» L'inlért't de cette n(•gocialion très secrèlc réside donc bien dans r.e fait qu'elle montre de façon éclatante la continuelle volonté qu'a eue Bonaparte de redresser le trône à son profil. Louis X\'111 répondit à ces propositions le :\ mars 180:J et les cours reçurent sa letlre. li y disait : « Je ne confonds pas ~I. Bonaparte avec ceux qui l'ont précédé; j'estime sa valeur, ses talents mililaires: je lui sais gré de plusieurs actes d'administration, car le bien que l'on fera à mon peuple me srra toujours cher; mais il se trompe s'il croit m'engager à transiger sur mes droits. Loin de là, il les établirait lui-m~me, s'ils pouvaient Hre litigieux, par la démarche qu'il fait en ce moment .... • El c'est vrai. Bonaparte reconnaisrnit la puissance, au moins nominale, de Louis XVIII, pui,qu'il lui demandait d'abdiquer! c·est qu'au moment oü il voulait coilîer la couro11ne el pre11dre Ir sceptre, il ne lui plaisait pas de savoir qu'un autre prétendait au sceptre et à la couronne! Quoi qu'il en soit, sa lenlative ayant échoué, il lui fallait se passer de la renonciation sollicitée et agir quand mî•me pour refaire la royauté sans le consentement du roi. ~lais, dès lors, il songe à se venger cruellement : il y a entre les Bourbons el lui une alîaire personnelle, et, dans les événements qui suivent, il faut voir le déwloppemenl de la vengeance consulaire. Le duc d'Enghien a payé <lesa vie le refus de Louis.\'. VIII. Lor.que la guerre eut été de nouveau déclarée entre l'Anglelerrc el la France, un remous considérable se produisit dans le monde royaliste encore émigré. Les offres cle service faites pendant la paix au cabinet anglais avaient été rejetées, les conspirateur, avaient été éconduits, mais dès lïnstant oü la guerre recommençait, Loule intrigue serait bonne qui pourrait avoir des chances d'aboutir à la chute de Bonaparte. Le gouvernement anglaio dil la " chute •, les royalistes disent • la mort •. Le comte d'Artois avait près de lui, à Londres, le duc de llerry el le prince de Condé, et l'organe des émigrés, en Angleterre, était l'agence dirigée, « au nom du roi », par le comte de La Chapelle. , Sous les ordres de ce dernier s'agitent: Dumouriez', de Puisaye, cle Tinseau, de Soissy, Froment, Bertrand de Molleville, de Holl, de Sérent, de Vioménil, cle L~ Pelouse, de Franceval, cle Lachâtre• ... » On peul citer encore d'Antraigues, les Polignac, Rivière, Pichegru, l'évêque d'Arras et toujours Cadourtal. Le prince de Bouillon, qui résidait à Jersey, servait d'in1. Dumouriez, qui avaiL demandé à Bonaparte la permission de reo\NI' en France (3 no~ nmbre 180) et n'aTa.it pas obtenu de réponse, toucha.il 30 000 Unet d'appoiD&emenl.e pour dre1• Hr des plan, de campagne. 2. Ernest Daudet, La Police ei le, Clwuem, page 2L

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