Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOCIALISTE profit de l'homme de llrumaire. La voh révolulionnaire était éteinte. Bonaparle regarda ,ers le camJ) de ceux qui avaient comballu la Rcvolulion el, ~ongeUJ1làremplacer le roi, il voulul entamer avec celui qui por1ail Pnrore ce lilre des négocia lions qui del'aienl aboutir, dans ga pensée, à quelque chose comme une abdication en ~a r,wcur. Oui, cet homme qui n'élail µuissanl que par une per,islance de l'idée ré,olulionnaire, idée qu'il avail fau,,ée, c'c,l vrai, mais qui n'en avail pas moins contribué à lui donner ltJ pouvoir, cel homme qui était sorti de la l\évolulion el prétendait la conduire à sou terme rationnel, cet homme qui toujours a l'ail menti el trahi, ,·oui til mainlenan t relever le trône englouti dans la grande lourme11tr el le replacer au-dtJssus du µeuple qui l'avait jeté à bus. Les royalistes, nous le savons, avaient cru qu,! llJnaparle serl'irail leur cause. Louis X\'Ill lui-même avait écrit à plusieur, reprises au co1hul, el avait fail agir M. de Clermonl-Gallerande, tant auprès de llùnaparle m~me qu'auprès de ~,m, Bonaparte 1 • Il n'oblinl rien qu'une lettre, oü le premit•r consul, loul en le remerciant pour les compliments qu'il lui avait prodigué~, lui disail: • Yous nc de,ez pas souhaiter votre retour en France; il vous faudrait marcher sur cent mille cadavres. Sacrifiez votre intérêt au repos el au bonheur de la France ... L'hi,toire vous en tiendra compte. Je ne sui, pas ins~~- sible aux malheurs de votre famille ... Je conlrihuerai aw.'c plaisir à la douceur el à la tranquillité de votre retraite. » CPlle dernière phrase con tien L déjà en germe les offres que nous allons l'Oir faire en 180:l. La guerre contre les partis el le souci de la lulle continudle engagée tant à l'intérieur CJU 0 il l'e,té- ;-ieur pour l'élabli,sement el l'affermissement de son pou1oir ont obligé Bonaparte à cesser une correspondance inléressaute, mais il n'a pas perdu de vue une idée qui lui e,t personnelle, el c'est après le Consulat à vie qu'il revient à elle, la creuse, el lente de la meure à e,éculion. Le sénatus-consulte du 6 floréal an X :W avril 180:!) avail ouvert le, frontières toutes grandes aux royalistes émigrés. li marque un stade dans la marche vers la monarchie : c'est tout le personnel dt• l'ancien r~gime qui revient pour donner au régime qui va le calquer, le faire renaitre, le décor nécessaire, la consécralion indispensable. L'acte du O floréal amni,liait les émigrés et les sommait de rentrer avant le t•' vendémiaire an XI (~J septembre .. 011 exigeait d'eux simplement le « serment d'~Lre fidèles au gouvernement établi par la Constitution el de n'entretenir aucune liaison ni corrr,1iondance avec les ennemis de l'Etat ". Celle amnistie, qui n'eiceplail que dt's chels de rassemblements armés, ùes évêques réfractaires au Concordat, des agenb de guerre civile el étrangère, des commandants de troupes qui avaient trahi, ful l'occasion du retour de nombreux royalistes. • Les émigrés, déjà re,·enus en nombre aussitôt 1. \"oir ~\Jtmoiru de ClermonL-Gallera.nde,,. 1. 2. 7 Npt.embre l!U).

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