Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

IIJSTOIIU: SOCIA LIST1' t83 murmurer, selon la volonlé du premier consul. • Napoléon Bonaparle • tient « sa cour», il règne, il ne préside plus. Il dispen~e l'honneur 1 , il est juge souverain de Lous les actes, de toutes les pensées. Le 1 ~ nivôse an XII, un moyen nouveau de dominer le premier corps de lïslal Yil le jour: Bonaparte créa les sénato1wie1. li devait y avoir 31 sénnloreries, chacune donnée à vie et « dotée d'une maison el d'un revenu annuel en !lomaines nationaux, de 20 à 2;:;000 francs ». Quand il s'agissait de nommer à unr de ses sinécures, le Sénat présentait trois noms enlre lesquels choisi~sail le premier 'consul. C'csl donc en spéculant sur le, plus bas sentiments 1lïnlérèl que Bonaparte pensait parvenir à tenir dans une déprnrtance complète ce corps sénalorial en qui la Constitution de l'an X plaçait le peu de pouYoir laissé en dehors du chef de l'exécutif. Les sénaloreries devaient être des instrument~ de servilité; èoans l'espoir d'en obtenir une, les opposants se tai,aienl, les fidèles exagéraient leur dévouement, tous rampaient. El les domaines nationaux devaient en fin de compte servir à payer des abdications, ~es trahisons, des bassesses. Le pouvoir absolu doit, pour s'établir, dessécher tout autour de lui, llétrir et abaisser. c·esl à quoi s'entendait llonaparle. Le Sénal étant domestiqué, le premier consul s·avisa que le Corps législatif avait besoin d'une nouvelle réforme. Il demanda eloblinl un sénatusconsulte rédigé dans ce sens, le 28 frimaire an XII (20 décembre 1803). Cc sénatus-consulle fut présenté a11Corps législatif comme devanl lui donner une importance sans l\gale : c'est le premier consul qui ouvrirait en personne les sessious; c'est lui qui nommerait te président du Corps législatif, et ainsi tombait encore un des derniers droits de celle assemblée. Sur cinq candidats qu'elle désigner.iit, le premier ~onsut choisi rail: « Celte nomination, dit Treilbard, serail plus solenuelle, les fonctions de président plus durables, sa dignité plus imposante "· Voilà donc le grand bienrail accordé au Corps législalir ! Ajoutons que les délibérations sur les communicaLions du gouvernement devaient désormais avoir lieu en comité secret. Le silence partout, telle est la devise - cl les échines se courbent, les lèvres sourient au maitre. Lui, sans hésilalion, impose ses désirs : il a à nommer le président du Corps législatif; il désigne Pontancs contre le gré des légistaleurs, parce que Fontanes est à ses pieds et l'encense! Et Ponlanes de s'écrier: « La liberté revient dans les assemblées nalio113les sous les auspices de la raison el de re~périence' ! » EL le Corps législ~lif de voter l'érection d'un buste de Bonaparte dans la salle de ses séances. L'engourrlissemenl dans la servitude gagnail de proche en proche dans la nation, el le temps approchait où, le dernier pas étant franchi, l'ancienne autorité, celle des rois, cellP que le peuple avait rejetée ou croyait avoir rejetée pour toujours allait pouvoir à nouveau .,e rét.ablir inlégralement au 1. Criation de la Légion d"llonneur le ~ ftor"Ml,an X. 2. 12 j&Q.'\'ier 1~.

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