HISTOIRE SOCIALIS'l'E anli-ani:lai-e-, ranimé toutes l,•shaines afin d"apparallre de plus en plus comm,· Ir seul ~auveur, comme l,1 personnification réelle (1,, la France ontrag11e, menacfr, mais illl incible. Le bonapartisme devient le patriotisme. 1•:tdans la proclamation de !"Empire il faut \Oir un ré:mllal de celle e,allalion. Il y a eu encore des attentats contre le consul, el ces attentats viennent de !"Angleterre; il faut donc donner à Bonaparte tout ce qu"il croit nécessaire de demander pour la gloire du pa)S, pour l'écra,cment dr, ennemis. li demande l'Empire. On l'acclame empereur. CIIAPITI\E Il LI: TRÔ~I. llll'Llll\L Nous avons vu Uonapule s'isoler de plu~ en plus à la tête de la nation, frapper autour de lui tout ce qui vivait encore, tout ce qu'un sourne d'indépendance animait. JI plane au-dc,sus de l'inertie. li agit cl on obéit, il commande el on se soumet. Le m,·•canisme politique qui Caisail fonclionncr, auprès de,; con,ui,, le Tribunat, le Corps légbialif n'avait pas sa force premi~re dans le puys électoral, mals du n,oins il s'était trouvé que le personnel qui formait ces corps comprenait dP, hommes capables ùe discuter el de critiquer. Le premier consul avait fait en sorte de les éliminer. li frappe aussi autour de lui, il ,cul niveler l'opiniou. Foucht', coupable d"avoir des sympathies répuhiiraincs, 1oil supprimer le minislèlre de la police. Donaparteoublie que Fouché a été souvent son complice, quïl l'a sciemmcnl aidé dan, dt•s u·uvres mauvabcs pour la liberté. li veut seulement se souvenir que le ministre de la police a tenté de s'opposer à l'élnblissemenl du Consulat à vie. li le frappe donc, avec ménagement d'ailleurs, car Fouché e,l un homme dont on peul toujours avoir besoin. li lui fait sentir que, s·11le remercie de ,es ,erYiCt's, c·cst que Lucien el Jooeph Ilona parte l'ont demandé, cligé presque. Du reste, Fouché est nommé s(•nnlcur el, peu après, il rt'çoil la sénatorerie d'Ah qui lui rapporte beaucoup d'argent el beaucoup ll'honncurs. En même Lemps que Fouché, li .. de Staël esl atteinte. On parlait trop de la liberté dans son ~alon. Elle fut inYilée à passer la frontière; à s'c,iler. IJenJamin Constant devait suivre. Toul le monde doiL se taire ou ne parier qut• 1>0urdire la louange du premier consul. La police veille partout, recueille les propos, les rapporte, leo enfle. c·esl le régime d"oppression absolue qui apparaît. C'est à peine si la nation respire sous la botte du maitre qui rècrase. C'est le t~mps où l'on commence à organiser les le\"ées d'hommes, c'est le moment 0ll la Frant·e se prépare en silence à donner du sang pour ln gloire de Bonaparte. Pins rien, plus d'opposition bruyante dans la rue ou dan~ le~ c~mp~. te Corps lt'glslatif, le Tribunat, le Sénat travalllent sans
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