) HISTOlllE SOCIALIS'l'E faire, mais surtout elle est prête à accueillir al'ec Joie celui qui, tout en la rassurant sur le maintien des conquôtcs de la llévolution, - c'est-à-dire l"accroissement de son bien-Nre. - établira l'ordre. Confondant les prirrcipes de !a Hévolulion avec leur propre inlér~t. le, bourgeois de !a classe moyenne pensent que la mauvaise aclmini,tralion ou les excè5 démagogiques sont aussi pernicieux à ces principes qu:1 leurs 1>ropres affaires el, loul én demeurant passifs devant les coups dï~lat qui se r<'pètenl, il,; sont prêts à devenir le fondement d'un état nouveau oü « l'ordre » pré,;idera au mah\tien de la condition que la Hévolulion leur a faite. B. - Nous nous sommes occuvés jusqu'ici de ceux qui onl personnellement retiré un bénéfice de la Hévolution el nous avons vu que tou, ceu,-1(1 ne dé~iraienl qu'une chose, l'établissement de l'ordre. ~lai•, en dehors de, «enrichis» tt de tous les propriélair~s anciens ou nouveau, qui forment • l'armée des intérêts», il y a toujours !a foule aux rangs infiniment profonds de ceux qui s·avançaienl les bras tendu~ dans un app~I de délil'rance vers la Rél"olulion et qui demeurent maintenant épuisés, brisé$, sans avoir rien du bonheur qu'ils altendaienl. Pour eu,, nous le savons, pour tout le prolétariat des cam1 agnes ou des villes, la !\évolution, qui Cul d'abord le produit d'un geste libérateur, le cri sauvage et longtemps prolong ·• de tout un peuple dont les chaines se brisent, fut ensuite le moyen rétMchi el accepté de parvenir à la réforme totale de la soci('té, à l'amélioralion générale. C'est pourquoi le prolétariat fut l'acteur des journées révolutionnaires. C'est lui qui a" donné• le I i juillet, les;; el Goctobre, c'est lui qui a •'lé victime, le iî juillet lîül, de la première application de la loi marliale, c"esl lui qui, le 20 juin el le 10 août, a renversé la royauté, c'est lui qui partout et sans trêve a poussé au prix de son sang la !\évolution vers plus de justice el plus d'égalité. Le prolétariat, courbé pendant uno longue mile de siècle~ sous le plus absolu des joug,, s'est réveillé tout d'un coup el, se ruant vers le gran<I soleil entrevu qui devait éclairer un monde où chacun pourrait viyre sa vie, il s'est rué, bri.ant tout sur son passage, mafs ne regardant point aux ruines entassées puisqu'on n'avait jamais regardé vers lui, source de toute la fortune et toute la gloire de gens que son malheur faisait heureux. Et c'est ainsi, par les routes sanglantes de la Terreur que le peuple, d'un bout il l'autre de la France, avait marché dans la Révolution. Or, depuis plus de di\ ans que le prolétariat était sur la brèche était-il prêt tl'alleinclre au but rêvé! Hélas non. Boaucoup, nous l'avons dit, da<rs la cl 1ssc des travailleurs avaient su tirer parti des événements, proOler des troubles pour gagner qurlque bien-Mre, mais la classe, en tant que classe, c'e;t-à-dire le groupement des individus donl la vie est régie par des con litions économiques, politiques el sociales identiques n'avait rien gagné. Adrien Weber, étudiant le socialisme agraire, écrit': • L'on a dil que la Ré,·olulion de lî~!l fut une jacquerie qui l. Rn,, Soc. 189i, Il, p. Ml.
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